Mobile money : les transferts internationaux propulsent la reprise du secteur au Gabon
2025-12-24 14:00:00
Après un léger fléchissement au trimestre précédent, le secteur du mobile money au Gabon a renoué avec la croissance au deuxième trimestre 2025. Selon la DGEPF, cette reprise est largement tirée par l’explosion des transferts internationaux, devenus le principal levier de revenus des opérateurs.
Le mobile money confirme son rôle central dans l’écosystème financier gabonais. Au deuxième trimestre 2025, les revenus du secteur ont progressé de 6,2 %, marquant une nette reprise après la légère contraction observée au trimestre précédent. Cette dynamique positive, d’après les données de la Direction Générale de l’Économie et de la Politique fiscale (DGEPF), repose essentiellement sur l’essor spectaculaire des transferts internationaux.
Les flux de transferts en provenance ou à destination de la zone CEMAC ont ainsi bondi de 64 % en glissement annuel. Une performance notable qui illustre l’intensification des échanges financiers régionaux, portée notamment par les travailleurs transfrontaliers, les échanges commerciaux informels et les transferts familiaux.
Mais c’est surtout hors de l’espace communautaire que la progression est la plus marquante. Les transferts internationaux hors CEMAC ont enregistré une croissance exceptionnelle de 170 % sur la même période. Cette envolée témoigne d’un recours accru au mobile money pour les envois de fonds depuis la diaspora, mais aussi d’une meilleure interconnexion des plateformes locales avec les réseaux de paiement internationaux.
Ces transferts sont désormais devenus le principal moteur de la croissance du secteur, supplantant progressivement les usages domestiques traditionnels tels que les paiements de factures ou les transactions de proximité. Une évolution qui confirme la transformation du mobile money en véritable canal de services financiers transfrontaliers.
Cette tendance ouvre toutefois de nouveaux défis pour les autorités et les opérateurs, notamment en matière de régulation, de lutte contre le blanchiment de capitaux et de sécurisation des flux. Elle offre en contrepartie des opportunités importantes pour l’inclusion financière, la réduction des coûts des transferts internationaux et le renforcement de l’intégration économique régionale.