Or : le Gabon veut mieux capter jusqu’à 930 milliards de FCFA de valeur



2026-09-10 10:43:00

Le Gabon durcit le contrôle de sa filière aurifère en imposant le passage par la Raffinerie gabonaise de l’or (RGO) de tout lingot destiné à l’exportation. Une réforme qui vise à renforcer la traçabilité, sécuriser les recettes publiques et récupérer une part plus importante de la valeur générée par cette ressource stratégique.



Derrière cette nouvelle exigence se trouve un potentiel économique considérable. La RGO peut raffiner jusqu’à 10 tonnes d’or par an, alors que la production officiellement prévue pour 2026 s’établit à environ 800 kg. À pleine capacité, les volumes traités pourraient représenter théoriquement près de 930 milliards de FCFA au cours actuel de l’or. Un potentiel qui contraste avec les exportations aurifères enregistrées en 2024, évaluées à environ 68,1 milliards de FCFA, contre près de 24 milliards en 2023. La différence entre les volumes officiellement déclarés et les estimations de production du secteur illustre surtout l’enjeu auquel sont confrontées les autorités : mieux connaître et contrôler les flux d’or produits sur le territoire.

Le nouveau dispositif entend précisément répondre à cette problématique. Chaque lingot exporté devra être contrôlé par la RGO et bénéficier d’une traçabilité renforcée, notamment grâce à un QR code permettant d’identifier le producteur, le permis et le circuit d’exportation. L’achat d’or entre particuliers doit par ailleurs être remplacé par des transactions auprès de comptoirs agréés. Pour l’État, l’objectif est de faire de cette richesse minière une source de revenus mieux maîtrisée. Le défi n’est donc plus seulement de disposer d’or dans le sous-sol, mais de transformer cette ressource en valeur économique, en recettes fiscales et, plus largement, en levier de développement national.