Paludisme : des gabonais mettent en place un remède efficace en une seule prise



2026-01-28 13:06:00

Mis au point par le Centre de recherche médicale de Lambaréné, un traitement antipaludique administré en dose unique ouvre une perspective décisive dans la lutte contre la maladie, en alliant efficacité thérapeutique, simplicité d’usage et meilleure observance des patients.



Les chercheurs du Centre de recherche médicale de Lambaréné (CERMEL) viennent de franchir une étape majeure dans la lutte contre le paludisme. Depuis 2024, une étude clinique d’envergure a été menée au Gabon et à l’international autour d’un nouveau concept thérapeutique : l’administration d’un traitement antipaludique en une seule prise. Ce protocole innovant associe une artémisinine à trois médicaments déjà existants, combinés pour agir simultanément sur différentes cibles du parasite. Achevée en 2025, l’étude a mobilisé plusieurs sites, notamment à Lambaréné, Chivanga, Bissilala et en France, sous la coordination du professeur Ghyslain Mombo-Ngoma, co-directeur du CERMEL.

Les résultats sont particulièrement encourageants. Testé sur plus de 1 000 patients, dont près de la moitié étaient des enfants de moins de 10 ans, le traitement affiche un taux d’efficacité de 93 % après 28 jours, contre 90 % pour le protocole classique administré sur trois jours. Selon les chercheurs, la combinaison de plusieurs molécules réduit significativement les risques de résistance du parasite, un mécanisme déjà éprouvé dans la prise en charge de maladies comme la tuberculose ou le VIH. Cette performance place la recherche gabonaise au cœur de l’innovation médicale en Afrique centrale.

Mais au-delà de l’efficacité clinique, l’atout majeur de ce traitement réside dans sa simplicité. Près d’un tiers des patients abandonnent actuellement leur traitement avant son terme, compromettant la guérison et favorisant la résistance. La dose unique, administrée sous observation directe par un professionnel de santé, garantit une prise complète et immédiate. Dans un pays qui a enregistré environ 154 000 cas de paludisme en 2024, l’impact potentiel est considérable. Des discussions sont désormais engagées pour une commercialisation à coût accessible, condition indispensable pour un déploiement massif et un recul durable de cette maladie endémique au Gabon.