Parlons de nos provinces : à Mourindi, une panne plonge toute une localité dans le noir et la précarité
2026-04-29 17:31:00
Nouvelle alerte dans la rubrique « Parlons de nos provinces ». Cette fois, direction Mourindi, chef-lieu de la sous-préfecture de Migamba-Yara, dans le sud-ouest du Gabon. Depuis près d’une semaine, la localité est privée à la fois d’électricité et d’eau potable, mettant à rude épreuve le quotidien des populations rapporte nos confrères de l'AGP.
Une panne technique aux conséquences en cascade
Située à environ 32 kilomètres de Moabi et 45 kilomètres de Tchibanga, Mourindi faisait pourtant figure d’exception dans la zone, bénéficiant d’une alimentation électrique continue depuis cinq ans. Mais depuis cinq jours, tout est à l’arrêt. En cause : une panne du radiateur au niveau de la centrale thermique, combinée à un dysfonctionnement du réseau de panneaux solaires. Les onduleurs, pièces essentielles du dispositif, auraient été endommagés par la foudre.
Selon les responsables locaux de la Société d'Énergie et d'Eau du Gabon (SEEG), la situation est aggravée par un problème bien connu : l’absence de pièces de rechange disponibles pour intervenir rapidement.
Quand l’électricité tombe, l’eau disparaît
Dans une configuration comme celle de Mourindi, l’électricité ne sert pas uniquement à éclairer. Elle alimente aussi le système d’adduction d’eau. Résultat : la panne électrique a immédiatement entraîné l’arrêt de la distribution d’eau potable. Privées de ce service essentiel, les populations se tournent désormais vers des solutions de fortune, en puisant dans les cours d’eau environnants, notamment la Mourouérou et la Yara. Une alternative risquée, tant sur le plan sanitaire que sur celui de la durabilité.
Une paralysie totale des services publics
Les conséquences dépassent largement le cadre domestique. À Mourindi, l’absence d’électricité et d’eau paralyse l’ensemble des services administratifs et sociaux : la sous-préfecture, la brigade de gendarmerie, le centre de santé, la brigade des Eaux et Forêts.
Sans énergie, sans eau, ces structures fonctionnent au ralenti, voire à l’arrêt, fragilisant davantage une population déjà isolée.
Une fragilité structurelle mise à nu
Ce qui se joue à Mourindi, ce n’est pas seulement une panne technique. C’est la mise en lumière d’une fragilité structurelle : dépendance à des équipements sensibles, absence de stock stratégique de pièces de rechange, manque de capacité d’intervention rapide en zone rurale. Un incident ponctuel suffit ainsi à provoquer une crise globale, révélant les limites du système actuel.
L’urgence d’une réponse rapide et durable
Au moment où la situation perdure, aucune solution concrète n’a encore été annoncée. Pourtant, l’urgence est réelle. À court terme, la priorité est claire : rétablir l’électricité pour relancer l’approvisionnement en eau et permettre aux services publics de fonctionner normalement. Mais à moyen et long terme, c’est toute la question de la résilience des infrastructures en zones rurales qui se pose. Car une localité qui replonge dans le noir au moindre incident reste vulnérable, quels que soient les progrès affichés.
Une réalité qui interpelle
À travers le cas de Mourindi, c’est une problématique plus large qui émerge : celle de l’équité territoriale dans l’accès aux services de base. L’électricité et l’eau ne peuvent pas être perçues comme des acquis temporaires, mais comme des droits fondamentaux nécessitant des systèmes fiables, entretenus et anticipés.