Radiations dans la Fonction Publique : L’Éducation, la Santé et les Finances concentrent l’essentiel des dossiers examinés



2026-09-24 16:12:00

Éducation nationale, Santé, Économie et Finances, ces trois ministères concentrent à eux seuls 62 % des situations examinées par la Commission des litiges dans le cadre de l’opération d’assainissement de la Fonction publique.



Une concentration qui interpelle alors que 1 473 mesures de radiation ont été prononcées à l’issue de l’opération. Le bilan de la Commission d’Examen des Dossiers Litigieux, présentée par la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités, Laurence Mengue Mezoghe épouse Ndong, met en lumière l’ampleur de l’opération engagée pour assainir les effectifs et le fichier solde de l’État.

 Sur les 1 162 situations d’agents en solde permanent examinées par la Commission, trois départements ministériels arrivent très largement en tête : l’Éducation nationale avec 384 dossiers, la Santé avec 222 et l’Économie et les Finances avec 111.

À eux trois, ils représentent 62 % des situations examinées, les 38 % restants étant répartis entre les autres ministères et institutions.

Avec 384 dossiers, l’Éducation nationale arrive en première position dans cette cartographie. Le ministère présente notamment le nombre le plus élevé d’abandons de poste : 269 cas. Cette donnée donne une indication sur l’ampleur des irrégularités relevées dans ce département, dans le cadre d’une opération qui avait précisément pour objectif de vérifier la présence effective des agents et la régularité de leur situation administrative. 

Le secteur de la Santé arrive en deuxième position avec 222 situations examinées. La présentation fait état de 158 abandons de poste ainsi que de 29 blâmes parmi les situations relevées. 

Le ministère de l’Économie et des Finances complète ce Top 3 avec 111 situations examinées. Ce chiffre mérite une attention particulière compte tenu du rôle stratégique de ce département dans la gestion financière de l’État. 

Mais une précision est essentielle : la présentation ne détaille pas, ministère par ministère, le nombre exact de radiations parmi ces 111 dossiers. Elle établit le Top 3 des ministères concernés par les situations examinées par la Commission. Il serait donc abusif de dire que 111 agents des Finances ont été radiés. 

À l’échelle nationale, le bilan présenté est beaucoup plus large : sur les 1 765 situations examinées, 1 473 ont fait l’objet d’une radiation, soit 83,45 %. Parmi elles figurent notamment 589 abandons de poste avec maintien des droits à pension, 110 abandons de poste sans droits à pension, 44 situations de présalaire, 20 cas particuliers d’ex-membres de cabinets, 6 retraites, 36 dénonciations de contrats et 65 décès. Les 603 agents de la MONP radiés antérieurement par la Task-Force sont également comptabilisés. 

Le chiffre doit donc être lu avec prudence : une radiation ne signifie pas nécessairement une fraude. Le document précise lui-même que les radiations regroupent plusieurs situations administratives, dont des constats de retraite ou de décès et des changements de statut. 

Au-delà des agents, il y a aussi la question du système. En effet, l’intérêt de cette opération est finalement de faire apparaître non seulement des situations individuelles, mais aussi des défaillances dans les mécanismes de gestion et de contrôle. La Commission relève notamment des absences répétées et injustifiées tolérées, des actes antidatés, des signatures hors compétence, des recrutements sans visa des DCRH et des attestations de complaisance.

Elle pointe également des carences dans les circuits de signature et dans la gestion des congés et disponibilités. L’enjeu est donc double : assainir le fichier de l’État, mais aussi comprendre comment de telles situations ont pu être maintenues suffisamment longtemps pour produire un impact sur les finances publiques. 

Selon la présentation, l’opération aurait permis de dégager près de 11,3 milliards de FCFA de retenues financières, entre les salaires suspendus et les bons de caisse à reverser aux caisses de l’État. 

Le Top 3, Éducation nationale, Santé, Économie et Finances, constitue ainsi l’un des principaux enseignements de cette opération d’assainissement. Mais pour aller plus loin, une question demeure : combien de radiations, précisément, proviennent de chacun de ces trois ministères ? C’est cette ventilation que les données publiées dans la présentation ne permettent pas, à ce stade, d’établir.