Rentrée en 6e : 18 000 élèves orientés vers le privé sur 46 427 admis
2026-07-24 15:39:00
Face à l’augmentation du nombre d’élèves admis au CEP et au manque de places dans les établissements publics, le gouvernement envisage d’orienter une partie des nouveaux collégiens vers le privé. Une mesure transitoire qui soulève des inquiétudes, mais vise à éviter la surcharge des classes en attendant la livraison de nouvelles infrastructures.
La préparation de la rentrée scolaire 2026-2027 s’annonce particulièrement complexe au Gabon. Avec 46 427 élèves admis au Certificat d’études primaires (CEP), la pression sur les capacités d’accueil des collèges publics atteint un niveau critique.
Réunie pour organiser les affectations en classe de 6e, la Commission nationale des orientations doit faire face à une équation difficile : concilier l’augmentation des effectifs avec des infrastructures encore insuffisantes. Dans ce contexte, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, a indiqué que 6 000 à 18 000 élèves pourraient être orientés vers des établissements privés partenaires.
Une décision qui suscite déjà des réactions, notamment en raison du coût de la scolarité dans le privé, souvent à la charge des parents. Toutefois, les autorités assurent qu’il s’agit d’une solution temporaire, dictée par l’urgence de préserver des conditions d’apprentissage acceptables dans le public.
Cette situation s’explique en partie par les bons résultats enregistrés au primaire, favorisés par des réformes comme la gratuité des manuels scolaires et l’introduction de l’Approche par compétences (APC), qui ont contribué à augmenter le nombre d’élèves admis en 6e.
Parallèlement, plusieurs chantiers de construction d’établissements secondaires sont en cours à Libreville, Port-Gentil et dans d’autres localités. Leur achèvement conditionnera la réduction du recours au privé. En attendant, des solutions transitoires sont envisagées, notamment l’orientation provisoire de certains élèves vers des zones périphériques comme Ntoum, Cap Estérias ou encore Franceville, avec une possible réaffectation en cours d’année.
Autre défi majeur : le manque de tables-bancs, qui figure parmi les priorités des prochaines discussions budgétaires.
Entre pression démographique, contraintes infrastructurelles et exigences de qualité éducative, cette rentrée scolaire met en lumière les défis structurels du système éducatif gabonais, tout en soulignant la nécessité d’investissements durables pour accompagner la croissance des effectifs.