Restauration de la dignité : l’État lance la renaissance des logements administratifs
2026-03-16 16:15:00
Ce lundi 16 mars 2026 marque un tournant dans la gestion du patrimoine immobilier public au Gabon. Les cités administratives de l’État situées aux Trois Quartiers (53 logements) et celles dites des 90 logements (107 logements) ont connu un début de démolition, ouvrant la voie à un vaste chantier de reconstruction destiné à offrir aux fonctionnaires gabonais, notamment aux enseignants, des conditions de logement plus dignes et plus modernes.
Construites dans les années 1970, ces infrastructures n’avaient jamais fait l’objet de rénovation majeure. Avec le temps, les bâtiments étaient devenus extrêmement vétustes, présentant des risques évidents pour leurs occupants et ne répondant plus aux standards actuels de sécurité et de salubrité.
Pour les autorités, il devenait urgent d’agir. Cette opération s’inscrit dans la volonté du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, d’améliorer les conditions de vie des Gabonais et de restaurer la dignité des agents publics.
Le directeur général du Patrimoine de l’État, Michel Tita Edou Ngomo, a rappelé l’état préoccupant dans lequel se trouvaient ces cités administratives. « Ces cités ont été construites par l’État gabonais en 1970 et, depuis lors, elles n’ont jamais été rénovées. Aujourd’hui, elles sont dans un état de vétusté avancée. Le chef de l’État, qui a promis de rendre leur dignité aux Gabonais, ne pouvait plus accepter que des familles vivent dans de telles conditions. Il a donc donné des instructions pour la reconstruction complète de ces cités administratives », a-t-il expliqué.
La question du sort des occupants actuels a également été anticipée par les autorités. Selon la Direction générale du Patrimoine de l’État, un processus progressif a été mis en place afin de permettre aux résidents de quitter les lieux dans des conditions organisées. « Depuis l’année dernière, nous avons informé les résidents des Trois Quartiers et de la cité des 90 logements. Un premier délai leur avait été accordé jusqu’en juin 2025. Face à certaines contraintes, un délai supplémentaire a été accordé jusqu’au 31 décembre 2025. Durant toute la semaine précédant la démolition, nos équipes se sont rendues sur place pour sensibiliser les résidents. Un dernier délai avait été fixé au dimanche 15 mars, et la démolition a donc pu commencer ce lundi 16 mars », a précisé le DGPE.
Parallèlement, les fonctionnaires concernés bénéficient désormais du rétablissement de leur prime de logement. En effet, lorsqu’un agent est logé par l’État, cette prime est suspendue. Dès lors qu’il quitte le logement administratif, celle-ci est automatiquement réactivée afin de lui permettre de se reloger. Le projet de reconstruction prévoit des infrastructures beaucoup plus ambitieuses que les anciennes cités. Les nouvelles installations disposeront d’une capacité d’accueil nettement supérieure et intégreront des équipements de proximité destinés à améliorer le cadre de vie des occupants.
Ainsi, la première cité passera d’environ 160 logements à près de 500 logements, avec l’intégration d’infrastructures modernes telles qu’une école, une infirmerie, un centre médical ainsi que des aires de jeux pour les familles. Concernant la durée du chantier, les autorités annoncent un calendrier de travaux compris entre 18 et 24 mois, avec une livraison progressive des bâtiments. Les premiers blocs d’habitation devraient être disponibles environ 18 mois après le lancement des travaux.
À terme, l’accès à ces logements administratifs répondra à des critères clairement définis : être agent de l’État, exercer à Libreville, remplir les conditions administratives requises et déposer une demande officielle. En résumé, seuls les fonctionnaires en règle pourront prétendre à l’attribution d’un logement. Ce programme de modernisation ne s’arrêtera pas aux deux premières cités démolies. La prochaine étape concernera la cité du Consortium des Entreprises Italiennes (CEI).
Selon Michel Tita Edou Ngomo, un délai de trois mois a été accordé aux occupants de cette zone afin de libérer les lieux. « Pour cette cité, nous avons donné un délai de trois mois qui court depuis le 1er mars. Le 1er juin, nous commencerons la construction d’une nouvelle cité de 104 logements sur une superficie de 2,8 hectares. Le président de la République a également instruit que 300 logements soient construits dans cette zone », a-t-il indiqué.
Au-delà de ces opérations de reconstruction, la Direction générale du Patrimoine de l’État est attendue par les populations sur d'autres chantiers structurants. Parmi eux, l’effectivité de l’assurance des élèves inscrits au sein des établissements publics, le rapport final de l’inventaire de l’état dans le cadre de la comptabilité des matières, les textes encadrant légalement la réforme des véhicules de l’état et biens d’autres.
Autant de chantiers qui pourrait témoigner d’une volonté affichée de moderniser la gestion des biens publics et de repositionner l’administration gabonaise sur des standards plus exigeants en matière de gouvernance et de service public.