SEEG - Omega : une offre à 142 milliards de FCFA, mais un montage financier encore à préciser
2026-07-23 08:48:00
Présentée le 20 juillet à Paris au président Brice Clotaire Oligui Nguema, l'offre du Consortium Omega prévoit 247 millions de dollars, soit près de 142 milliards de FCFA, pour le rachat et la restructuration de la dette de la SEEG. Si ce montant constitue le premier repère financier public de cette opération, plusieurs éléments essentiels restent inconnus, notamment la répartition des financements, les investissements futurs et la valorisation des nouvelles entités issues de la restructuration.
L'offre formulée par le Consortium Omega
marque une nouvelle étape dans le vaste chantier de transformation de la
Société d'Énergie et d'Eau du Gabon (SEEG). Selon Financial Afrik, le
consortium propose une enveloppe de 247 millions de dollars destinée au rachat
et à la restructuration de la dette de l'entreprise. À ce stade, ce montant
constitue la seule donnée financière officiellement connue de cette opération
stratégique, dont les modalités détaillées n'ont pas encore été rendues
publiques.
Cette annonce intervient toutefois dans un
contexte marqué par une vigilance accrue autour des chiffres communiqués sur la
SEEG. Depuis plusieurs mois, le montant de 1 000 milliards de FCFA
d'investissements réalisés dans l'entreprise circule dans le débat public.
Pourtant, les projets effectivement identifiés représentent environ 509
milliards de FCFA, tandis que les dépenses réellement exécutées entre 2023 et
2025 seraient limitées à près de 79 milliards de FCFA, le reste correspondant à
des projets encore en préparation.
Au-delà du traitement de la dette, Omega
affiche également l'ambition de moderniser les infrastructures énergétiques du
pays. Le consortium évoque notamment le développement de nouvelles lignes
électriques, la construction de gazoducs et le renforcement des capacités de
production. Aucun chiffrage n'a cependant été communiqué concernant ces
investissements complémentaires, ce qui empêche encore d'évaluer leur impact
réel sur un parc national actuellement estimé à 452 MW de capacité installée.
L'opération intervient parallèlement à la
réorganisation institutionnelle de la SEEG, désormais appelée à être scindée
entre deux nouvelles sociétés : La Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon.
Si cette réforme ouvre la voie à de nouveaux partenariats public-privé, aucune
information officielle n'a encore été publiée concernant la valorisation des
deux entités, ni sur la part de capital susceptible d'être ouverte aux
investisseurs privés.
Dans un environnement où d'autres groupes
internationaux, notamment le turc Aksa Enerji et le français Suez, manifestent
également leur intérêt pour le secteur gabonais de l'énergie, l'offre d'Omega
constitue aujourd'hui le seul montant public vérifiable. Les prochaines étapes
consisteront désormais à préciser les modalités financières, les engagements
d'investissement ainsi que les bénéfices attendus pour l'amélioration durable
du service public de l'électricité et de l'eau.