États-Unis : Meta et Google accusés d’avoir conçu Instagram et YouTube pour rendre les jeunes dépendants
2026-03-17 14:37:00
Depuis le 16 février 2026, Meta et Google sont au cœur d’un procès civil inédit à Los Angeles, accusés d’avoir intentionnellement conçu Instagram et YouTube pour provoquer une dépendance chez les jeunes utilisateurs. Cette affaire, qualifiée de « procédure test », pourrait servir de référence pour plus d’un millier de dossiers similaires en attente.
Au centre de la plainte : le témoignage de Kaley G.M., 20 ans, qui affirme avoir utilisé YouTube dès six ans et créé un compte Instagram à onze ans. Elle raconte que son usage compulsif de ces plateformes a aggravé sa dépression, son anxiété et ses idées suicidaires, exposant une détresse que reconnaissent de nombreuses familles.
L’avocat de la plaignante, Mark Lanier, a accusé les deux géants de « fabriquer l’addiction dans des cerveaux d’enfants », mettant en cause les algorithmes de recommandation, les notifications incessantes et la lecture automatique. Ces mécanismes seraient comparables aux stratégies utilisées par l’industrie du tabac pour maintenir les consommateurs captifs.
Un document interne présenté au tribunal fixait des « jalons » de temps d’utilisation par adolescent : 40 minutes par jour en 2023, avec un objectif de 46 minutes pour 2026. Mark Zuckerberg a tenté de minimiser ces chiffres, les présentant comme des « indicateurs de satisfaction », mais le document a fragilisé sa défense, montrant que très peu d’adolescents utilisaient les fonctions de limitation du temps.
Alors que les 12 jurés ont entamé leurs délibérations, le verdict de ce procès pourrait influencer la régulation des réseaux sociaux dans le monde entier. En Europe, la France a adopté une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, applicable dès la rentrée 2026. Au Gabon, la question de la régulation des réseaux sociaux est également au centre des débats, avec des discussions et des actions judiciaires impliquant acteurs politiques, société civile et autorités nationales.
Ce procès marque un tournant dans la responsabilité des plateformes numériques et pourrait redéfinir les limites de l’usage des réseaux sociaux par les jeunes, avec des conséquences sur la santé mentale et la protection de l’enfance à l’échelle mondiale.