Taux de fécondité en baisse au Gabon : que signifie le passage à 3,5 en 2025 ?
2025-11-26 15:07:00
En 2025, le taux de fécondité total au Gabon est estimé à 3,5 enfants par femme, un recul annoncé par les statistiques récentes. Ce glissement même modéré s’inscrit dans une tendance régionale et mondiale à la baisse de la natalité et pose des questions importantes sur la trajectoire démographique, économique et sociale du pays.
Le passage vers un taux de fécondité inférieur à 4 enfants par femme marque pour le Gabon une étape de la transition démographique : moindres taux de fécondité, allongement de l’espérance de vie et urbanisation croissante. Ces changements résultent d’un meilleur accès à l’éducation, de l’urbanisation, d’une plus large disponibilité des services de santé sexuelle et reproductive, et d’évolutions des aspirations familiales. Les bases de données internationales confirment que la fécondité gabonaise tend vers des valeurs plus proches de la moyenne régionale.
À court terme, une baisse de fécondité réduit légèrement la pression sur les services destinés à la petite enfance (vaccination, maternité, écoles primaires) et peut améliorer l’accès aux ressources par enfant — qualité d’éducation et santé. Cependant, si la baisse est associée à une amélioration rapide de la longévité, cela crée simultanément un besoin accru d’investissements dans la formation professionnelle et des politiques d’emploi pour absorber une main-d’œuvre jeune mieux formée.
La baisse de la fécondité est souvent liée à l’urbanisation or Libreville et les grandes villes gabonaises concentrent emplois, services et opportunités. Si les politiques publiques n’accompagnent pas ce mouvement (logement, transports, services publics), l’urbanisation rapide peut accroître les inégalités. Par ailleurs, une baisse durable de la natalité peut modifier les flux migratoires : le Gabon pourrait voir augmenter l’importance des migrations pour compenser les besoins en main-d’œuvre ou, inversement, exporter des jeunes vers d’autres marchés régionaux s’il n’y a pas assez d’emplois locaux.
En résumé, un taux de 3,5 enfants par femme en 2025 n’est ni une catastrophe ni une panacée : c’est un signal. Il offre au Gabon une fenêtre d’opportunité à condition que l’État, le secteur privé et la société civile coordonnent des politiques économiques et sociales ambitieuses pour convertir cette transition démographique en moteur durable de développement.