Urgence : Libreville sous la menace d’un black-out
2026-03-18 16:45:00
L’opérateur turc Karpowership Global DMCC annonce la suspension de sa production d’électricité au Gabon, exposant Libreville à un déficit énergétique critique sur fond d’impasse financière avec l’État.
La situation
énergétique du Gabon entre dans une zone de turbulence majeure. L’opérateur
Karpowership Global DMCC a officiellement notifié aux autorités sa décision de
suspendre, à compter du 18 mars à 23h59, l’intégralité de sa production
électrique injectée dans le réseau de Libreville Sud, soit une capacité de 150
MW.
À l’origine de cette
décision, une impasse contractuelle et financière persistante entre
l’entreprise et les autorités gabonaises. Malgré plusieurs mois de négociations
impliquant les ministères de l’Énergie, de l’Économie ainsi que la Société
d'Énergie et d'Eau du Gabon, aucun accord n’a pu être trouvé pour apurer les
arriérés accumulés.
Le différend repose
principalement sur une dette significative que l’État peine à honorer. Si un
paiement partiel de 5 milliards de FCFA a récemment été effectué, Karpowership
Global DMCC estime ce montant largement insuffisant pour couvrir les coûts d’exploitation
et de maintenance de son navire-centrale. L’opérateur réclame désormais un
règlement immédiat de 15 milliards de FCFA pour maintenir ses activités.
Cette rupture
intervient malgré des engagements pris au plus haut niveau de l’État, notamment
lors d’une rencontre en février 2025 entre le président Brice Clotaire Oligui
Nguema et la direction de l ընկերprise. Selon Karpowership, la continuité du
service a été assurée au-delà des obligations contractuelles, mais la situation
financière actuelle ne permet plus de prolonger cet effort.
Les conséquences
pourraient être immédiates et sévères. Avec la perte de 150 MW, la Société
d'Énergie et d'Eau du Gabon se retrouve dans l’incapacité technique de
compenser ce déficit sur le réseau interconnecté. Le Grand Libreville est ainsi
exposé à des délestages tournants de grande ampleur, voire à un black-out
partiel.
À quelques heures de
l’échéance, une issue reste encore possible. Le représentant de Karpowership,
Cagdas Sevik, se dit ouvert à des discussions de dernière minute. Mais
désormais, le dénouement de cette crise dépend essentiellement de la capacité
du Trésor public à mobiliser rapidement les ressources nécessaires. Faute
d’accord, le Gabon pourrait faire face à l’une des plus graves crises
énergétiques de ces dernières années.