Akendengué à Omboué : un concert historique, 60 ans après ses débuts



2026-08-03 11:22:00

Il aura fallu attendre plus de soixante ans. Soixante ans de scènes parcourues à Paris, à New York, à travers l’Afrique et l’Europe, soixante ans à porter la voix du Gabon bien au-delà de ses frontières, pour qu’un enfant d’Awuta chante enfin devant les siens. Samedi 1er août, à Omboué, Pierre Claver Akendengué a vécu ce qu’aucune consécration internationale n’avait pu lui offrir : un premier concert chez lui.



Le paradoxe mérite d’être posé tel quel. Né le 25 avril 1942 à Awuta, à quelques kilomètres du stade où il s’est produit, l’auteur d’Africa Obota a bâti une œuvre entière autour de la mémoire, des racines et de la conscience africaine, sans jamais avoir chanté sur cette terre qui l’a vu naître. Une absence de plus de soixante ans, que rien ne justifiait vraiment, sinon le hasard des tournées et la distance qui sépare souvent les artistes consacrés à l’international de leur point de départ.

C’est l’association ROMEPA qui a décidé de corriger cette anomalie, sous un thème qui résume à lui seul l’enjeu de la soirée : « Retour aux sources originelles ». Plus de 2 000 personnes ont convergé vers Omboué, venues de Gamba, Port-Gentil, Mayumba et d’ailleurs, pour un événement que son président Michel Essonghé a résumé sans détour : le monde entier connaît Pierre Akendengué, mais Pierre Claver Akendengué ne s’était jamais produit chez lui.

À 84 ans, l’artiste a livré plus de deux heures de concert, reprenant ses classiques devant un public à cheval entre deux générations : celle qui connaît ses textes par cœur depuis l’enfance, et celle qui les découvrait ce soir-là pour la première fois, en concert, chez elle. Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a salué par visioconférence une œuvre appartenant désormais au patrimoine national.

Une carrière entière aura donc précédé ce moment plutôt que de le suivre. Omboué n’a pas seulement célébré un musicien : la ville a récupéré, six décennies plus tard, ce que le temps lui avait longtemps refusé.