Liban : Le Parlement abolit la peine de mort, une décision historique dans le monde arabe
2026-08-11 16:17:00
Le Liban a franchi mardi 11 août 2026 une étape majeure dans la protection du droit à la vie. Le Parlement libanais a adopté l’abolition officielle de la peine de mort, faisant du pays le premier État du monde arabe à supprimer la peine capitale de son arsenal juridique.
La réforme prévoit de remplacer la peine capitale par la réclusion à perpétuité assortie de travaux forcés aggravés. Elle met ainsi fin à une situation paradoxale : si la peine de mort figurait toujours dans la législation libanaise, aucune exécution n’avait été menée depuis 2004, le pays observant depuis plus de deux décennies un moratoire de fait.
L’abolition de la peine de mort était déjà au cœur de débats institutionnels depuis plusieurs années. En novembre 2025, le Conseil des ministres avait soutenu un projet de loi visant à supprimer la peine capitale, avant que le texte ne poursuive son parcours parlementaire. En janvier 2026, le rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires avait également salué les discussions engagées au Liban en faveur de cette réforme.
Le vote du 11 août transforme donc en disposition légale une pratique qui existait déjà dans les faits. Depuis 2004, aucune exécution n’avait été autorisée, même si des condamnations à mort continuaient d’être prononcées avant d’être suspendues ou commuées.
Le ministre libanais de la Justice, Adel Nassar, a qualifié le vote de décision « historique ». La réforme constitue en effet un tournant important dans un pays où la peine capitale pouvait encore être appliquée pour plusieurs catégories d’infractions, notamment certains crimes particulièrement graves, des actes liés à la sécurité de l’État ou encore certaines infractions militaires. Le texte n’a toutefois pas recueilli un soutien unanime. Le bloc parlementaire du Hezbollah s’est opposé à l’abolition, tandis que la majorité des députés a voté en faveur de la réforme.
Avec cette décision, le Liban devient le premier pays arabe à abolir officiellement la peine de mort. Cette précision est importante : la Turquie, également située au Moyen-Orient selon certaines classifications géographiques, avait déjà supprimé la peine capitale au début des années 2000.
L’abolition libanaise intervient alors que le débat sur la peine de mort demeure particulièrement sensible dans la région. Plusieurs États du Moyen-Orient continuent de l’appliquer, tandis que les organisations internationales de défense des droits humains plaident pour son abolition universelle.
Au-delà de sa portée juridique, le vote du Parlement libanais constitue ainsi un signal politique et symbolique fort : après 22 années sans exécution, le pays choisit désormais d’inscrire définitivement dans sa législation le principe selon lequel la justice ne peut plus se traduire par la mise à mort d’un condamné.