Banques : Les créances en souffrance ont franchi la barre de 2 177 milliards de FCFA en zone Cemac



2025-10-06 17:50:00

La Commission bancaire de l’Afrique Centrale s’est réunie en session ordinaire le 26 septembre 2025 à Libreville au Gabon, sous la présidence d’Yvon Sana Bangui, son président statutaire.



Au cours de cette rencontre, l’évolution de la situation des établissements de crédit a été évaluée.  Ainsi, selon les données de la Cobac, les dépôts collectés par les banques à date ont connu une expansion de 11,2 % en glissement annuel, pour s’élever à 19 047 milliards de FCFA. Les crédits à la clientèle, quant à eux, ont progressé de manière plus mesurée, affichant une croissance de 6,7 %, pour atteindre 12 508 milliards de FCFA.

Suivant les chiffres de la Cobac, l’évolution des dépôts est perceptible dans tous les Etats membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale. Cependant son intensité varie selon les marchés.  Le Cameroun, le Congo et la République Centrafricaine se distinguent comme étant les principaux bénéficiaires de l’accroissement des concours bancaires qui restent orientés majoritairement vers le secteur privé (78%), suivis des entreprises publiques (9,5%) et des États de la CEMAC (7,5%), tandis que le solde, représentant 5%, profite à la clientèle non résidente et à d’autres opérations financières.

Cette dynamique est cependant plombée par le volume sans cesse croissant des créances en souffrance qui ont atteint 2 177 milliards de FCFA, soit 17,4% de l’encours total des crédits. Une créance en souffrance en effet est un crédit bancaire qui n’a pas été payé à l’échéance prévue, en raison des difficultés de l’emprunteur à rembourser. Selon la Cobac, les créances en souffrance sont constituées des créances immobilisées, des créances impayées et des créances douteuses. Au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale, la probabilité de non recouvrement des créances en souffrance est jugée élevée atteignent désormais 1 632 milliards de FCFA, contre 1 464 milliards de FCFA en 2024. Cette aggravation « oblige les établissements de crédit à renforcer leurs provisions pour pertes, lesquelles atteignent à fin juin 2025 la somme considérable de 1 507 milliards de FCFA ». Ce montant apprend-on excède le cumul des crédits bruts octroyés par l’ensemble des banques du Tchad et de la Centrafrique, qui s’établit à 1 442 milliards de FCFA.