Luxembourg : une ruelle baptisée en hommage à Martine Oulabou
2026-03-10 10:57:00
Alors que la communauté internationale célébrait la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars, la mémoire de Martine Oulabou a été honorée au Luxembourg.
Une ruelle y portera symboliquement son nom durant ce mois de mars, rendant hommage à cette figure emblématique de la lutte syndicale au Gabon, disparue tragiquement il y a 34 ans. L’information a été relayée par la plateforme numérique Nzila Webzine, qui œuvre à la valorisation des talents artistiques, culturels et entrepreneuriaux africains.
Le 23 mars 1992, à Libreville, la jeune enseignante âgée de 33 ans participe à une manifestation syndicale pacifique organisée par les enseignants. La marche est violemment dispersée par les forces de l’ordre. Touchée par une balle à la clavicule, Martine Oulabou est transportée d’abord à la clinique Chambrier, puis à l’Hôpital de la Fondation Jeanne Ebori, où elle succombe à ses blessures le même jour.
Sa mort provoque alors une vive émotion dans le pays et marque durablement l’histoire sociale gabonaise. Le drame contribue à renforcer la mobilisation autour des revendications du corps enseignant et à alerter l’opinion publique sur les dérives de la répression lors des mouvements sociaux. Plus de trois décennies après les faits, son sacrifice demeure un symbole fort dans la mémoire collective.
Aujourd’hui encore, le nom de Martine Oulabou reste associé à cet engagement pour la justice sociale. À Libreville, une école porte son nom : l’École publique Martine Oulabou. L’initiative menée au Luxembourg, qui consiste à baptiser une rue en son honneur dans le cadre des célébrations du 8 mars, souligne la portée internationale de son combat et de son héritage.
Née le 15 février 1959, Martine Oulabou était institutrice en classe de CE1 à l’École publique de la Sorbonne à Libreville. Militante active du Syndicat de l’éducation nationale (Séna), elle s’était engagée pour la défense des droits des enseignants et l’amélioration des conditions de travail dans le secteur éducatif.
Au-delà du symbole, Martine Oulabou incarne le courage d’une femme qui a payé de sa vie son engagement pour la dignité et la justice sociale. Enseignante, militante et mère de famille, son parcours rappelle qu’au Gabon comme ailleurs, les avancées sociales sont souvent le fruit de combats menés par des femmes et des hommes dont le sacrifice continue d’inspirer les générations suivantes.