Brazzaville : Oligui Nguema mobilise les investisseurs autour du futur port stratégique de Kobé Kobé



2026-05-28 16:50:00

À Brazzaville, le président gabonais a présenté le projet du port de Kobé Kobé comme un levier majeur de transformation industrielle et minière du Gabon.



En marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) organisées à Brazzaville, Brice Clotaire Oligui Nguema a lancé un appel direct aux investisseurs internationaux pour soutenir le projet du port de Kobé Kobé. Présenté comme une infrastructure stratégique, ce futur port doit accompagner l’exploitation du gigantesque gisement de fer de Bélinga, dans le nord-est du Gabon. Devant plusieurs chefs d’État africains et acteurs de la finance internationale, le président gabonais a défendu l’image d’un pays disposant d’importantes opportunités industrielles et minières, capable d’attirer des partenariats structurants à long terme.


Le projet de Kobé Kobé dépasse largement la seule construction d’un terminal portuaire. Il s’inscrit dans un programme intégré comprenant une ligne ferroviaire reliant Bélinga au littoral ainsi qu’un barrage hydroélectrique à Booué, destiné à soutenir les besoins énergétiques du complexe industriel. Cette chaîne logistique doit permettre non seulement l’acheminement du minerai, mais aussi sa transformation progressive sur le territoire national avant exportation. L’objectif affiché par les autorités est clair : faire du secteur minier un moteur de diversification économique et réduire la dépendance historique du pays aux hydrocarbures.


Le gisement de Bélinga, développé en partenariat avec le groupe australien Fortescue à travers la société Ivindo Iron SA, figure parmi les plus importants gisements de fer encore inexploités au monde, avec plus d’un milliard de tonnes de réserves estimées. À cela s’ajoutent d’autres projets miniers comme celui de Milingui, dans la Nyanga, confirmant les ambitions extractives du Gabon. À travers cette stratégie, Libreville cherche à opérer une transformation profonde de son modèle économique : passer d’une économie centrée sur l’exportation brute des ressources naturelles à une logique de valorisation locale, génératrice d’emplois, d’infrastructures et de valeur ajoutée industrielle.