Commerce extérieur : Le Caire s’impose comme le premier client africain du Gabon



2026-08-15 10:48:00

Au premier trimestre 2026, l’Égypte a pris une place inédite dans le commerce extérieur gabonais. Avec 4,6 % des exportations du pays, Le Caire est devenu le premier client africain du Gabon, devant l’ensemble de la zone CEMAC, qui ne représente que 1,0 % des ventes gabonaises à l’étranger.



Une progression qui marque le renforcement des échanges entre Libreville et Le Caire, dans une économie gabonaise encore largement tournée vers les marchés asiatiques.

 

Les achats égyptiens de produits gabonais ont fortement progressé sur un an. La comparaison avec le premier trimestre 2025 doit toutefois être relativisée, les échanges entre les deux pays étant alors quasiment inexistants. Cette faible base de départ explique l’ampleur des variations enregistrées. La hausse n’en traduit pas moins l’émergence d’un nouveau courant commercial entre le Gabon et l’Égypte, donnant au marché égyptien une importance nouvelle dans les exportations gabonaises.

 

Cette percée intervient dans un commerce extérieur encore peu orienté vers l’Afrique. Au premier trimestre 2026, le continent ne représente que 7,1 % des exportations gabonaises, contre 71,0 % pour l’Asie. La Chine, l’Inde et l’Indonésie concentrent ainsi l’essentiel des débouchés du Gabon. Dans ce paysage, l’Égypte se distingue comme l’un des rares marchés africains à prendre une place significative, au point de devancer la zone Cémac dans les exportations gabonaises.

 

La montée en puissance du marché égyptien pose désormais la question de sa capacité à s’inscrire dans la durée. Le poids de 4,6 % enregistré au premier trimestre constitue une performance notable, mais reste encore insuffisant pour parler d’un rééquilibrage durable des débouchés gabonais. Les prochains résultats trimestriels seront donc déterminants pour mesurer la solidité de cette dynamique et vérifier si Le Caire parvient à conserver sa position de premier client africain du Gabon.

 

Cette évolution intervient parallèlement à la poursuite du recul du manganèse gabonais sur le marché chinois. Entre mai 2025 et mai 2026, les exportations du minerai ont diminué de 5,59 millions de dollars, soit 8,87 %, pour atteindre 57,4 millions de dollars. Deuxième produit exporté vers la Chine derrière le pétrole brut, le manganèse voit ainsi son poids se réduire progressivement dans une relation commerciale toujours fortement concentrée sur les matières premières. Pour le Gabon, la progression des échanges avec l’Égypte pourrait donc constituer une opportunité supplémentaire de diversification géographique, à condition que cette dynamique se confirme dans les prochains trimestres.