Comprehensive Economic Partnership Agreement (CEPA) : en examen chez les parlementaires
2026-06-29 13:58:00
Le Gouvernement gabonais a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie d'ouverture économique en soumettant au Parlement le projet de loi autorisant la ratification du Comprehensive Economic Partnership Agreement (CEPA), signé avec les Émirats arabes unis. Au-delà de la création d'une zone de libre-échange, cet accord ambitionne de renforcer les investissements, d'accélérer les transferts de technologies et d'offrir de nouvelles perspectives aux entreprises gabonaises sur les marchés internationaux.
En soumettant au Parlement le projet de loi de ratification du CEPA, le Gouvernement confirme sa volonté d'inscrire le Gabon dans une nouvelle dynamique économique internationale. Cet accord de partenariat économique global, signé en février dernier à Abu Dhabi, dépasse largement le cadre classique d'une baisse des droits de douane. Il repose sur quatre piliers stratégiques : la facilitation des échanges commerciaux, le transfert de technologies, la simplification des procédures douanières et l'accompagnement des petites et moyennes entreprises. Une approche qui traduit l'ambition de bâtir une coopération durable entre les deux États.
Le CEPA ne part pas d'une feuille blanche. Avant même sa signature, les échanges commerciaux hors pétrole entre le Gabon et les Émirats arabes unis avaient connu une progression remarquable. En 2025, ils ont atteint plus de 320 millions de dollars, soit plus du double du niveau enregistré quatre ans auparavant. Cette évolution témoigne d'une relation économique déjà en pleine expansion, nourrie par un intérêt croissant des investisseurs émiratis pour plusieurs secteurs stratégiques gabonais, notamment les infrastructures, les mines, le numérique, la logistique et la transformation industrielle.
Pour les entreprises gabonaises, ce partenariat ouvre des perspectives concrètes. Les filières du bois transformé, du manganèse valorisé localement, de l'huile de palme, du caoutchouc naturel ou encore des crédits carbone pourront bénéficier d'un accès privilégié au marché émirati. Plus encore, la position géographique des Émirats arabes unis, véritable plateforme logistique mondiale, pourrait permettre aux produits gabonais d'accéder plus facilement aux marchés du Golfe, d'Asie et d'une partie de l'Afrique. Une diversification des débouchés qui s'inscrit dans la stratégie nationale de transformation locale des ressources.
L'accord constitue également un signal positif envoyé aux investisseurs internationaux. Les grands fonds souverains des Émirats figurent parmi les principaux investisseurs institutionnels de la planète et manifestent un intérêt croissant pour les infrastructures, l'énergie, l'économie verte ou encore les projets industriels africains. En offrant un cadre juridique plus stable et des procédures douanières harmonisées, le CEPA pourrait contribuer à réduire les coûts de transaction et renforcer l'attractivité du Gabon auprès de nouveaux partenaires économiques.
La ratification du CEPA ne représente pas une finalité, mais le début d'une nouvelle phase de coopération. Son efficacité dépendra désormais de la capacité des administrations, des entreprises et des opérateurs économiques à s'approprier les opportunités qu'il offre. Si les engagements se traduisent par des investissements concrets, des créations d'emplois et une montée en gamme de la production nationale, cet accord pourrait devenir l'un des leviers majeurs de la diversification économique du Gabon et renforcer sa position comme porte d'entrée stratégique vers l'Afrique centrale.