Corruption : le Gabon ouvre un examen international de son dispositif anticorruption



2026-06-30 08:51:00

Le Gabon franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa gouvernance publique. Les travaux du dialogue direct du deuxième cycle du mécanisme d'examen de l'application de la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC) ont officiellement débuté à Libreville. Pendant plusieurs jours, experts internationaux, administrations publiques et institutions nationales passeront au crible les dispositifs gabonais de prévention de la corruption et de recouvrement des avoirs, avec pour objectif d'identifier les progrès accomplis, les insuffisances persistantes et les réformes à consolider.



Présidant la cérémonie d'ouverture, le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a réaffirmé que la lutte contre la corruption constitue désormais un pilier majeur des réformes engagées par les autorités gabonaises. Selon lui, la promotion de l'intégrité publique contribue à renforcer l'efficacité de l'action gouvernementale, à améliorer la gouvernance et à créer un environnement plus favorable aux investissements. En accueillant cette mission d'évaluation internationale, le Gabon entend démontrer sa volonté de soumettre son dispositif aux standards internationaux et de consolider la transparence dans la gestion des affaires publiques. L'examen porte principalement sur les mesures de prévention prévues par le chapitre II de la Convention ainsi que sur les mécanismes de recouvrement des avoirs issus de la corruption, consacrés au chapitre V.

Pour les responsables nationaux, cet exercice dépasse le simple cadre d'une évaluation technique. Comme l'a souligné le président de la Commission nationale de lutte contre l'enrichissement illicite, Nestor Mbou, il s'agit d'un processus permettant de mettre en lumière les bonnes pratiques déjà mises en œuvre, d'identifier les défis persistants et de bénéficier de recommandations concrètes destinées à améliorer les politiques publiques. Les travaux s'appuient notamment sur les réponses fournies par le Gabon dans le questionnaire d'auto-évaluation ainsi que sur les auditions menées auprès des différentes institutions nationales par les experts de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), assistés des évaluateurs du Tchad et de la Libye.

Prévu jusqu'au 3 juillet, ce dialogue réunira les administrations publiques, les organes de contrôle, les autorités de régulation ainsi que les représentants de la société civile autour de sessions techniques destinées à mesurer l'effectivité des mécanismes nationaux de prévention et de répression de la corruption. À l'issue de cette mission, un rapport d'évaluation assorti de recommandations sera élaboré afin d'accompagner le Gabon dans le renforcement de son dispositif institutionnel. Au-delà du respect des engagements internationaux, cet exercice constitue également un indicateur de la volonté des autorités de consolider la confiance des citoyens, de promouvoir une gouvernance plus transparente et de faire de la lutte contre la corruption un levier durable de développement économique et institutionnel.