Différend frontalier : La Cour constitutionnelle appelle les médias à la rigueur
2026-08-05 15:35:00
En première ligne sur le dossier sensible du différend frontalier entre le Gabon et la Guinée équatoriale, la Cour constitutionnelle entend désormais encadrer le traitement médiatique de cette question stratégique.
Réunis au Palais de la Constitution à l’initiative de son président, Dieudonné Aba’a Owono, également président de la Commission nationale chargée du suivi de ce contentieux, les responsables des principaux médias publics ont été appelés à faire preuve de la plus grande rigueur dans la couverture des négociations en cours. Une démarche qui traduit la volonté des autorités de préserver un climat de sérénité autour d’un dossier aux fortes implications diplomatiques et souveraines.
Les échanges ont essentiellement porté sur l’Accord d’engagement conjoint signé le 28 juillet dernier à Addis-Abeba, sous l’égide de l’Union africaine, quelques semaines après l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice. Pour la Cour constitutionnelle, il était nécessaire de lever toute ambiguïté : cet accord ne marque pas l’application immédiate de la décision judiciaire internationale, mais ouvre un cadre de concertation permettant au Gabon et à la Guinée équatoriale de définir, dans un esprit de dialogue et de bonne foi, les modalités de sa mise en œuvre conformément au droit international.
Face aux représentants de L’Union, de l’Agence gabonaise de presse (AGP), de Gabon 1ère et de Gabon 24, Dieudonné Aba’a Owono a rappelé que la responsabilité des médias est déterminante dans un contexte où la circulation d’informations imprécises peut rapidement alimenter les spéculations. Il a ainsi invité les rédactions à privilégier les sources officielles, à recouper systématiquement les informations et à éviter toute publication susceptible d’entretenir des interprétations erronées sur l’évolution du dossier frontalier.
Présents à cette rencontre, les membres de la Haute Autorité de la Communication (HAC) ont également insisté sur le fait que la liberté d’informer demeure indissociable du respect des principes de vérification des faits et de préservation de l’intérêt général. Soucieuse d’accompagner les professionnels des médias, la Cour constitutionnelle a assuré qu’elle continuera à fournir les éclairages nécessaires au fil de l’évolution des discussions entre les deux États afin de garantir une information fiable et conforme à la position officielle du Gabon.
Au-delà du rappel des règles déontologiques, cette initiative illustre la stratégie de communication adoptée par les autorités sur un dossier considéré comme l’un des plus sensibles de l’agenda national. En mettant l’accent sur la maîtrise de l’information, la Cour constitutionnelle entend contribuer à préserver la crédibilité des institutions et à accompagner le processus de dialogue engagé par les Présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo sous la médiation de l’Union africaine, avec pour objectif de parvenir à une mise en œuvre concertée de la décision de la Cour internationale de Justice dans le respect des intérêts souverains des deux pays.