Entrepreneuriat : 16,7 milliards dorment à la BCEG, pendant que les entrepreneurs cherchent des financements
2026-06-15 17:16:00
Il n’y a pas d’argent pour entreprendre au Gabon. Cette phrase, souvent répétée par de nombreux porteurs de projets, semble pourtant contredite par les chiffres révélés lors du discours à la Nation du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Selon les données communiquées, sur les 25 milliards de FCFA mis à disposition de la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG) pour financer les entrepreneurs gabonais, seuls 8,3 milliards auraient été mobilisés. Résultat : près de 16,7 milliards de FCFA restent encore disponibles.
Comment expliquer qu’autant d’argent soit disponible alors
que de nombreux jeunes, PME et porteurs de projets affirment rencontrer
d’importantes difficultés pour accéder au financement ?
Deux hypothèses se dégagent, la première concerne la
communication. Malgré l’importance du dispositif, beaucoup d’entrepreneurs
ignorent encore les conditions d’accès, les secteurs éligibles ou les démarches
à entreprendre pour bénéficier de ces financements. Si tel est le cas, la BCEG
doit impérativement revoir sa stratégie de sensibilisation et aller davantage à
la rencontre des entrepreneurs dans les quartiers, les provinces, les
incubateurs et les chambres consulaires.
La seconde hypothèse interroge directement les entrepreneurs
eux-mêmes. Dans un environnement économique où l’information est accessible,
combien prennent réellement le temps de se renseigner, de monter un dossier
solide ou de solliciter les structures d’accompagnement existantes ? Combien
préfèrent conclure à l’absence de solutions avant même d’avoir exploré les
mécanismes disponibles ?
Mais une chose est certaine : laisser dormir 16,7 milliards
de FCFA destinés à financer l’économie nationale constitue un luxe que le Gabon
ne peut pas se permettre. Chaque milliard non utilisé représente
potentiellement des entreprises qui ne voient pas le jour, des emplois qui ne
sont pas créés, des innovations qui restent dans les tiroirs et des
opportunités de croissance qui échappent au pays. L’enjeu dépasse donc la
simple question bancaire. Il s’agit d’un véritable défi de connexion entre les
politiques publiques et leurs bénéficiaires.
Le discours du chef de l’État a eu le mérite de mettre ce
sujet sur la table. Il lance également un message fort : les ressources
existent, mais elles ne produiront d’impact que si elles sont effectivement
utilisées. La question n’est donc plus de savoir si l’argent est disponible. La
véritable question est désormais : pourquoi 16,7 milliards de FCFA
attendent-ils encore leurs entrepreneurs ?