Gabon : l’intersyndicale des impôts accorde un mois de sursis au gouvernement



2026-03-05 10:06:00

Réunis en assemblée générale le 4 mars 2026 à l’agence des impôts d’Oloumi, à Libreville, les agents regroupés au sein de l’intersyndicale des impôts ont dénoncé l’inaction de leur tutelle sur leurs revendications. Un délai d’un mois a toutefois été accordé au gouvernement avant d’éventuelles actions plus fermes.



La tension monte au sein de la Direction Générale des Impôts (DGI). Réunis ce 4 mars 2026 à l’agence des impôts d’Oloumi, plusieurs dizaines d’agents ont décidé d’élever le ton face au silence des autorités, quatre mois après le dépôt d’un préavis de grève en novembre 2025.

Au cœur des revendications : la reconnaissance du métier, l’adoption d’un statut particulier et l’amélioration des conditions de travail. Les syndicats dénoncent un sentiment d’abandon persistant, alors même que l’administration fiscale est considérée comme un pilier de la sécurité nationale, chargé de protéger les recettes publiques contre la fraude et l’évasion fiscale.

Pour renforcer leur position, les quatre organisations syndicales du secteur ont choisi de dépasser leurs divergences pour s’exprimer d’une seule voix au sein d’une intersyndicale. Leur porte-parole, Mathia Pamphile Benga, a expliqué que cette assemblée visait à informer la base sur l’état des discussions avec le gouvernement et à évaluer les avancées concrètes.

Parmi les points de crispation majeurs figure l’absence de statut particulier depuis 2002. Selon les représentants syndicaux, un projet de loi et un décret visant à réorganiser les services et moderniser l’administration fiscale ont été élaborés, sans qu’aucune suite n’ait été donnée jusqu’à présent.

Autre difficulté soulevée : le manque de budget de fonctionnement depuis près de cinq mois. Une situation qui, selon les agents, entrave les missions de contrôle sur le terrain, malgré les objectifs de recouvrement fixés par l’État.

À l’issue des échanges, l’intersyndicale a toutefois accepté d’accorder un délai supplémentaire à la tutelle. Le ministre concerné aurait sollicité un sursis jusqu’au 5 avril pour proposer des solutions. Si aucune grève n’est pour l’instant annoncée, les agents préviennent qu’en l’absence d’avancées concrètes, le mouvement pourrait durcir sa position dans les prochaines semaines.