Interdire les vendeurs d’eau : une décision qui inquiète des milliers de ménages



2026-07-02 08:58:00

Alors que les pénuries persistent, l’annonce du gouvernement sur la fin annoncée de la commercialisation de l’eau par les particuliers suscite une vive polémique. Entre impératif de régulation et réalité du terrain, de nombreux Gabonais redoutent d’être privés de leur unique solution d’approvisionnement.



L’annonce a fait l’effet d’une douche froide. Alors que les coupures d’eau continuent de rythmer le quotidien de nombreuses familles, le gouvernement a fait savoir qu’il entend mettre fin à la commercialisation de l’eau par des camions-citernes et des revendeurs privés, une activité qualifiée d’« illicite » par le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye.

Pour les autorités, l’objectif est de remettre de l’ordre dans un secteur qui échappe largement au contrôle de l’État, tant sur le plan réglementaire que sanitaire. Des mesures devraient prochainement être soumises au Conseil des ministres afin d’encadrer cette activité, voire d’y mettre un terme.

Mais sur le terrain, cette annonce suscite une profonde incompréhension.

Dans plusieurs quartiers de Libreville, d’Akanda, d’Owendo ou encore de Ntoum, les robinets restent régulièrement à sec pendant plusieurs jours. Face aux défaillances du réseau public, les populations n’ont souvent d’autre choix que d’acheter de l’eau auprès de vendeurs privés pour cuisiner, se laver ou simplement boire.

Pour beaucoup, ces opérateurs ne représentent pas un luxe, mais une réponse à une urgence quotidienne.

Sur les réseaux sociaux, les réactions se sont multipliées. De nombreux internautes reconnaissent la nécessité de mieux contrôler cette activité afin de garantir la qualité de l’eau distribuée et d’éviter les abus. En revanche, ils s’interrogent sur le calendrier de cette réforme.

Comment supprimer une alternative avant que le service public ne soit pleinement en mesure d’assurer un approvisionnement continu ?

C’est toute la question qui alimente aujourd’hui le débat.

Plusieurs observateurs estiment qu’une régulation du secteur serait plus adaptée qu’une interdiction brutale. L’État pourrait notamment mettre en place un système d’agrément des transporteurs, renforcer les contrôles sanitaires et fixer des règles précises d’exploitation, tout en poursuivant les investissements destinés à améliorer durablement la distribution d’eau potable.

Car au-delà de la légalité des revendeurs, c’est bien la crise de l’accès à l’eau qui demeure au cœur des préoccupations.

Tant que les difficultés d’approvisionnement persisteront, les ménages continueront à rechercher des solutions alternatives pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires. Dans ce contexte, une réforme qui interviendrait sans solution de remplacement immédiatement opérationnelle pourrait accentuer les difficultés de milliers de familles déjà fragilisées.

L’eau est un droit fondamental. Pour de nombreux citoyens, la priorité reste donc moins de supprimer les solutions de substitution que de garantir enfin un accès régulier, sécurisé et durable à cette ressource essentielle.