la suspension des réseaux sociaux risque de plomber l’économie
2026-02-18 17:06:00
Le 17 février 2026, la Haute autorité de la communication (HAC), a décidé de suspendre les réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire gabonais jusqu’à nouvel ordre.
La
HAC a pris sa décision suite aux
multiples dérives numériques observées dans le pays (désinformation, cyber
harcèlement, diffamation…). Si la mesure entre en vigueur dans les prochains
jours, elle va toucher les plateformes les plus utilisées par les internautes comme Facebook, TikTok, WhatsApp et Instagram,
qui font désormais partie de la vie
quotidienne au Gabon. Ces plateformes ne sont plus seulement des espaces
d’expression, elles sont devenues au fil des années des infrastructures
économiques où se développent le
commerce et le marketing. Les suspendre va contribuer à pénaliser des acteurs
économiques qui ont construit leur activité autour du numérique.
« Bon parlons un peu sérieusement.
Suspendre les réseaux sociaux dans un pays où le numérique fait vivre des
milliers de jeunes n’est pas une simple décision technique. C’est une décision
qui impacte directement des familles…Aujourd’hui,
Facebook, TikTok, WhatsApp et Instagram ne sont plus de simples applications de
divertissement. Ce sont des bureaux, des boutiques, des studios, des agences
marketing à ciel ouvert » souligne Roméo MD, créateur de
contenus humoristiques. « Couper l’accès aux réseaux sociaux, même
temporairement, c’est ralentir l’économie locale et fragiliser ceux qui vivent
au jour le jour. Le numérique n’est plus un luxe. C’est un outil de travail.
Les décisions publiques devraient tenir compte de cette réalité »
ajoute le Web humoriste.
Le parti Ensemble pour le
Gabon (EPG), formation politique que dirige Alain-Claude Bilie-By-Nze est aussi monté au créneau pour dénoncer ce qu’il
qualifie d’atteinte grave aux libertés fondamentales, notamment à la liberté
d’entreprendre. Pour
l’EPG, la coupure des plateformes numériques fragilise l’économie numérique
nationale car elle affecte directement
des milliers d’entrepreneurs, des créateurs de contenus et d’acteurs
économiques qui en dépendent pour exercer leurs activités.
Il faut souligner que l’économie numérique est en pleine croissance dans toutes les régions de l’Afrique. Les actions gouvernementales qui nuisent à la continuité des services Internet et à la disponibilité des plateformes de médias sociaux ne sont pas sans conséquences. Suivant les données de la plateforme spécialisée britannique Top10VPN, l’Afrique subsaharienne a perdu près de 1,74 milliard $ en 2023 à cause des coupures d’Internet et des restrictions d’accès aux réseaux sociaux. Un montant qui en 2026 a considérablement évolué.