Libreville : 52 occupants concernés par le réaménagement de la Baie des Cochons
2026-06-23 10:07:00
Lancée dans le cadre des futurs aménagements urbains de Libreville, l’opération de déguerpissement de la Baie des Cochons et de la zone dite « Derrière l’hôpital » marque une étape décisive dans la transformation de la capitale. Si ce projet vise à ouvrir de nouvelles voies de circulation et à moderniser des espaces longtemps restés à l’état de planification, il soulève également des défis humains, fonciers et sociaux pour les populations concernées.
Depuis plusieurs jours, entre le carrefour Léon-Mba et la Baie des Cochons, les habitants s’activent à démonter eux-mêmes les éléments récupérables de leurs constructions avant l’arrivée des engins prévue le 26 juin prochain. Portes, fenêtres, grilles, tôles et extensions diverses sont progressivement retirées des bâtiments implantés sur l’emprise des futurs travaux. Selon les données issues du recensement réalisé dans le cadre du projet, 52 personnes sont directement concernées par cette opération. Les autorités expliquent que ces occupations résultent, en grande partie, des retards accumulés au fil des années dans la mise en œuvre des aménagements initialement prévus sur le plan cadastral. Entre-temps, des habitations, commerces et installations diverses se sont développés sur des espaces réservés aux futures infrastructures publiques.
Afin de limiter les pertes matérielles, les autorités administratives ont privilégié une approche basée sur la concertation. Lors des consultations publiques organisées le 19 juin dernier, la gouverneure de l’Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, a invité les populations impactées à démonter elles-mêmes tous les équipements susceptibles d’être récupérés avant le début des démolitions. Cette démarche vise à réduire les conséquences économiques pour les occupants tout en facilitant le déroulement des opérations sur le terrain. Si plusieurs habitants disent comprendre les enjeux liés à la modernisation urbaine, certains continuent néanmoins de s’interroger sur les critères retenus pour délimiter les zones concernées, notamment lorsqu’ils disposent de documents administratifs attestant de leurs droits sur les parcelles occupées.
Au-delà de cette opération ponctuelle, ce projet met en évidence les défis auxquels sont confrontées les grandes villes africaines en matière d’urbanisation. La croissance démographique rapide, les retards dans l’exécution des projets publics et l’occupation progressive des emprises réservées aux infrastructures créent régulièrement des situations complexes qui opposent impératifs de développement et réalités sociales. Pour les autorités, l’ouverture de nouvelles voies de circulation et l’aménagement de ces espaces stratégiques répondent à une nécessité de fluidifier la mobilité urbaine, d’améliorer le cadre de vie et de préparer le développement futur de Libreville. Mais la réussite de cette transformation passera également par le renforcement de la planification urbaine, une meilleure sécurisation foncière et un dialogue permanent avec les populations afin de concilier modernisation de la ville et préservation des intérêts des citoyens.