Marché des titres publics : le Gabon en quête de 72,5 milliards de FCFA ce mois
2026-02-04 17:39:00
Dans un contexte économique marqué par des tensions budgétaires persistantes, une croissance encore fragile et des besoins de financement de plus en plus pressants, les États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) intensifient leur recours au marché régional des titres publics.
Pour le seul mois de février, ils ambitionnent de lever une
enveloppe globale de 349,5 milliards de FCFA, selon le calendrier prévisionnel
des émissions publié par Harvest Asset Management.
Cette mobilisation
financière s’inscrit dans une stratégie de gestion active de la trésorerie
publique et de financement des dépenses structurelles. L’enveloppe
totale se répartit entre deux instruments de dette souveraine : 199,5 milliards
de FCFA en Bons du Trésor assimilables (BTA), généralement utilisés pour
couvrir des besoins de court terme, et 150 milliards de FCFA en Obligations du
Trésor assimilables (OTA), destinées à financer des projets à moyen et long
terme.
Dans le détail, le
Cameroun apparaît comme le principal émetteur sur cette période. Le pays
prévoit de lever 160 milliards de FCFA, confirmant ainsi son rôle central sur
le marché des titres publics de la Cemac. Cette enveloppe se compose de 100
milliards de FCFA en BTA, traduisant des besoins de trésorerie immédiats, et de
60 milliards de FCFA en OTA, orientés vers le financement à plus long terme.
Le Gabon arrive en
deuxième position avec une levée projetée de 72,5 milliards de FCFA,
exclusivement sous forme d’OTA. Ce choix traduit une stratégie axée sur le
financement structurel et l’allongement de la maturité de la dette. Il est
suivi par la République du Congo, qui ambitionne de mobiliser 45 milliards de
FCFA, également uniquement en obligations assimilables du Trésor.
Le Tchad, pour sa
part, prévoit une levée totale de 40 milliards de FCFA, répartie entre 10
milliards de FCFA en BTA et 30 milliards de FCFA en OTA, illustrant une
approche mixte combinant gestion de trésorerie et investissements à plus long
terme. Par ailleurs, le pays affiche une préférence marquée pour les maturités
longues sur certaines émissions, avec une proportion plus importante d’OTA que
de BTA. Les autres États de la sous-région présentent des profils de
financement contrastés. La République centrafricaine opte exclusivement pour
les OTA, à hauteur de 15 milliards de FCFA, tandis que la Guinée équatoriale
privilégie uniquement les BTA, pour un montant de 32 milliards de FCFA,
signalant des besoins principalement orientés vers le court terme.
« Cette hétérogénéité des stratégies d’émission reflète des besoins différenciés entre la gestion de la trésorerie courante et le financement des investissements structurels » souligne Harvest Asset Management.