Marchés de la DGBFIP : polémique autour des procédures d'entente directe



2026-07-01 12:20:00

Les marchés conclus par la Direction générale du Budget et des Finances publiques avec plusieurs entreprises continuent d'alimenter le débat. Au-delà des polémiques, l'analyse du cadre juridique et des circonstances de leur attribution apporte un éclairage plus nuancé sur le recours à la procédure d'entente directe.



Depuis plusieurs jours, les marchés attribués par la Direction générale du Budget et des Finances publiques aux sociétés 241 Corporation, Emire BTP et Luxury Car suscitent de nombreuses réactions. La principale interrogation porte sur le recours à la procédure d'entente directe, souvent assimilée, dans l'opinion publique, à un manque de concurrence. Pourtant, cette procédure est bel et bien prévue par la réglementation gabonaise dans certaines circonstances exceptionnelles.

Le cas de Luxury Car concentre particulièrement l'attention. Selon les éléments disponibles, la DGBFIP faisait face depuis plusieurs années à un déficit important de moyens roulants, limitant ses capacités opérationnelles. Une procédure de renouvellement du parc automobile avait ainsi été engagée dès avril 2024 afin de répondre à une insuffisance logistique devenue structurelle pour cette administration stratégique.

L'analyse du dossier révèle que plusieurs concessionnaires auraient été consultés. La différence ne résidait pas dans leur capacité à fournir les véhicules demandés, mais dans leurs délais de livraison. Alors que certains annonçaient plusieurs mois d'attente, Luxury Car disposait immédiatement des véhicules en stock. Cette disponibilité immédiate aurait constitué l'un des principaux critères ayant motivé le choix de cette entreprise.

Sur le plan juridique, le décret portant Code des marchés publics autorise le recours à l'entente directe lorsqu'une urgence impérieuse rend impossible l'organisation d'un appel d'offres classique. Les autorités compétentes devront donc apprécier si les circonstances invoquées, notamment l'ancienneté du besoin et la disponibilité immédiate du fournisseur retenu, répondaient effectivement aux conditions prévues par les textes en vigueur.

Au-delà de la controverse, ce dossier rappelle qu'un marché public ne peut être évalué sur la seule base de la procédure utilisée. La conformité d'une entente directe suppose une analyse approfondie des circonstances, des justificatifs produits et du respect des dispositions légales, notamment celles relatives au plafond annuel fixé par le Code des marchés publics. C'est à cette lumière que les organes de contrôle pourront établir, avec objectivité, la régularité ou non des marchés concernés.