Mines : Le pari du Gabon pour l’après-pétrole



2026-08-06 11:29:00

Après un demi-siècle sous perfusion pétrolière, le Gabon change de cap. Face à une production d’hydrocarbures en déclin constant, le gouvernement mise désormais sur son sous-sol minier pour réinventer son modèle économique. L’annonce est de taille : huit nouvelles mines pourraient voir le jour entre 2026 et 2030.



C’est le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, en poste depuis début 2026, qui porte cette ambition. Fer, potasse, or, uranium, le pays veut diversifier au-delà du seul manganèse de Moanda, exploité depuis 1962 par Comilog et dont les réserves, bien que considérables, ne peuvent à elles seules porter l’avenir économique du pays. Parmi les projets identifiés figurent les mines de Milingui, Baniaka, Mébaga et M’Bilan pour le fer, celle d’Étéké pour l’or, ainsi qu’un projet de potasse une programmation qui traduit une stratégie assumée autour du fer, minerai porté par la demande asiatique en acier.

L’enjeu dépasse largement l’extraction. Aujourd’hui, le secteur minier ne pèse que 6 % dans la croissance économique gabonaise. Le gouvernement veut tripler ce chiffre pour atteindre 15 à 20 % dans les années à venir. Un objectif qui suppose de sortir enfin du simple rôle d’exportateur de matières brutes pour construire une véritable chaîne de valeur industrielle, usines de concentration du minerai, pelletisation du fer, raffinage de l’or. Le pays veut transformer avant d’exporter.

Ce virage ne se fera pas sans efforts. Sécuriser l’énergie des sites, développer massivement les ports et les routes, former une main-d’œuvre qualifiée, les chantiers sont immenses, et le calendrier annoncé reste ambitieux, pour ne pas dire audacieux. Mais le Gabon a des cartes en main une électricité relativement abondante grâce à l’hydroélectrique, une position géographique centrale en Afrique, et une proximité avec les ports de la sous-région.

Huit mines, des milliers d’emplois annoncés, un écosystème minier régional en gestation, si le pari tient ses promesses, le Gabon pourrait bien cesser d’être un pays pétrolier pour devenir, d’ici une décennie, un poids lourd minier africain.