Nationales 1 et 2 : des routes meurtries, des usagers à bout
2025-12-03 10:23:00
Entre nids-de-poule, chantiers abandonnés et entreprises en défaut, les routes nationales 1 et 2 plongent les voyageurs dans un calvaire quotidien. Alors que les pluies aggravent la situation, l’urgence d’une réaction vigoureuse du gouvernement devient impérative.
Emprunter aujourd’hui certains tronçons des Nationales 1 et 2 relève du parcours du combattant. Sur des sections telles que Bifoun-Lambaréné, Ndendé-Tchibanga, Loubomo-Mayumba, Mitzic-Oyem et surtout Bifoun-Ndjolé, les automobilistes doivent affronter crevasses, bourbiers et nids-de-poule qui transforment leurs trajets en véritables épreuves de résistance. L’axe Bifoun-Ndjolé en est l’illustration la plus frappante : parcourir 56 kilomètres exige désormais trois à quatre heures d’efforts, tant la route est devenue impraticable. Une situation désastreuse qui s’aggrave avec la saison des pluies et met en péril la sécurité des usagers.
Les dysfonctionnements ne manquent pas. L’entreprise Sogea, chargée de réhabiliter l’axe Bifoun-Ndjolé en vingt mois, a abandonné le chantier après seulement 7 kilomètres d’enrobé — soit 13 % des travaux prévus — alors même qu’elle avait perçu au moins 8 milliards de FCFA du Trésor public en décembre 2023 pour le démarrage du projet. Malgré le remplacement de Sogea par Colas-Gabon, les travaux tardent à reprendre. Sur Bifoun-Lambaréné, autre tronçon « techniquement mort » selon le ministère des Travaux publics, les travaux officiellement lancés par le président Brice Clotaire Oligui Nguema en mars 2025 restent au point mort, l’entreprise adjudicataire étant introuvable sur le terrain.
Les mêmes blocages s’observent sur les axes Tchibanga-Mayumba et Tchibanga-Ndendé. Bien que les travaux aient été relancés en décembre dernier après une décennie d’abandon, le chantier reste paralysé. La société chinoise Covec n’est pas en cause : ce sont les services financiers de l’État qui refusent de régler ses factures, en dépit des instructions claires du chef de l’État appelant à une résolution rapide. Pendant ce temps, usagers et transporteurs subissent chaque jour les conséquences d’une paralysie administrative et financière qui retarde la réhabilitation d’axes essentiels pour l’économie nationale et la sécurité des populations. Avec les pluies qui redoublent, l’urgence est désormais absolue : sans réaction résolue du ministère et de l’administration financière, ces routes ne seront bientôt plus que des souvenirs de bitume.