NON ! Les Stages ne sont pas payants au CHUL : ce que dit réellement la décision du Conseil d'administration



2026-08-06 13:04:00

Le Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL) a publié une mise au point détaillée afin de clarifier la mesure relative aux frais de stage, récemment au cœur de nombreuses réactions. La Direction générale insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une taxation généralisée des étudiants, mais d’un dispositif d’encadrement destiné à organiser les relations entre l’hôpital et les établissements privés de formation.



Selon le CHUL, cette décision découle d’une recommandation formulée par ses Conseils d’administration. Désormais, tout établissement de formation souhaitant envoyer des étudiants en stage devra être lié au CHUL par une convention de partenariat précisant les responsabilités, les engagements et les modalités de collaboration entre les deux parties.

L’objectif affiché est double : améliorer l’accueil, l’encadrement et la formation pratique des stagiaires, tout en permettant aux établissements concernés de contribuer, de manière volontairement modérée, aux charges supportées par l’hôpital dans le cadre de sa mission de formation. Le CHUL rappelle que le stage hospitalier mobilise des ressources humaines importantes — médecins, infirmiers, encadreurs, personnels administratifs et logistiques — et représente donc un coût réel pour l’établissement.

La Direction précise également que les montants retenus ne constituent pas une innovation isolée. Ils ont été établis en référence à des pratiques déjà appliquées depuis plusieurs années dans d’autres centres hospitaliers universitaires et structures de santé de Libreville accueillant des étudiants issus d’établissements privés.

Autre élément important : l’obligation de souscrire une assurance en responsabilité civile. Cette assurance vise à couvrir les éventuels dommages qu’un étudiant pourrait causer au cours de son stage, garantissant ainsi une meilleure protection pour l’établissement, les patients et les stagiaires eux-mêmes.

Le CHUL tient surtout à rappeler que la mesure ne concerne qu’une catégorie bien précise d’apprenants : les étudiants issus d’établissements privés, inscrits dans une formation initiale ou continue conduisant à un diplôme ou à une certification. Sont explicitement exclus les étudiants des établissements publics tels que l’USS, l’INFASS ou l’IUSO, les stagiaires envoyés par les ministères et administrations publiques, ainsi que les professionnels déjà diplômés effectuant un stage d’immersion ou de perfectionnement.

En conséquence, la Direction affirme que seulement environ 10 % de l’ensemble des stagiaires accueillis au CHUL sont concernés par cette disposition. Les établissements privés ont été invités à signer des conventions de partenariat, avec une échéance initialement fixée au 31 juillet 2026. À compter du 1er septembre 2026, aucun étudiant provenant d’un établissement non conventionné ne devrait être admis en stage au CHUL.

Pour éviter de pénaliser les étudiants déjà engagés dans leur parcours, des délais supplémentaires ont été accordés afin de permettre l’achèvement des stages en cours et de laisser le temps nécessaire aux discussions avec les écoles concernées.

La Direction générale déplore toutefois que certains étudiants continuent de solliciter individuellement des stages en dehors de tout cadre conventionnel, ce qui permettrait à certains établissements de formation de ne pas s’engager formellement dans le partenariat proposé.

Au fond, le CHUL défend une logique de responsabilité partagée. L’hôpital estime qu’un partenariat équilibré doit bénéficier à tous : l’étudiant, qui reçoit un encadrement de qualité ; l’établissement de formation, qui garantit la formation pratique de ses apprenants ; et le CHUL, qui dispose des moyens nécessaires pour maintenir des conditions d’accueil, de sécurité et d’apprentissage satisfaisantes.

Au-delà des débats sur les frais, la question posée est celle de la qualité de la formation des futurs professionnels de santé. Pour le CHUL, l’encadrement rigoureux des stages, la clarification des responsabilités et la sécurisation des conditions d’apprentissage répondent avant tout à une exigence d’intérêt général : offrir aux populations gabonaises des professionnels de santé formés dans des conditions sérieuses, sûres et conformes aux standards de qualité attendus d’un grand centre hospitalier universitaire.