Okala en résistance : Les déguerpis face au projet d'élargissement de la route
2026-06-30 11:23:00
À Okala, la colère ne gronde plus en silence : elle s’organise. Face au projet d’élargissement de la route qui menace plusieurs habitations, les populations concernées ont décidé de sortir de la position de simples victimes.
Réunis le 29 juin sous l’impulsion de Pascaline Pata, épouse Essyngone, présidente du Collectif des déguerpis d’Okala, les riverains ont obtenu une rencontre directe avec les autorités locales. Une mobilisation qui a rassemblé élus et responsables administratifs, preuve que le dossier est désormais devenu un sujet politique à part entière dans le premier arrondissement de Libreville.
Mais à Okala, la stratégie n’est pas celle du blocage, plutôt celle de la construction. Les habitants ont remis un mémorandum aux autorités, document dans lequel ils proposent des pistes concrètes pour limiter l’impact social du projet tout en permettant la poursuite des travaux routiers. Une posture qui tranche avec les habituelles tensions autour des déguerpissements : ici, les populations veulent être parties prenantes des décisions, et non des variables d’ajustement d’un chantier public.
Dans cette dynamique, Pascaline Pata a pris un engagement fort : constituer un fichier détaillé de toutes les personnes concernées, propriétaires comme locataires, expropriés comme déguerpis. Une démarche de structuration qui vise à éviter les oublis administratifs et à renforcer le poids du collectif dans les futures discussions. En toile de fond, une exigence revient avec insistance : celle d’une indemnisation juste, transparente et à la hauteur des préjudices subis.
En face, les autorités locales tentent d’encadrer un dossier explosif. Un suivi a été mis en place avec des rôles clairement répartis entre élus, dont la centralisation du dossier et l’accompagnement pour une expertise indépendante des biens concernés. Mais pour les habitants, une chose est claire : la bataille ne fait que commencer. Et cette fois, ils entendent bien ne plus subir l’histoire, mais la peser.