Or : la SEM reprend ses activités après quatre mois de suspension
2026-09-08 10:31:00
Suspendue depuis quatre mois dans le cadre de la réorganisation de la filière aurifère, la Société équatoriale des mines (SEM) peut désormais reprendre ses activités. La décision a été officialisée le 7 septembre 2026 par la signature d’une convention avec le ministère des Mines et des Ressources géologiques, au terme d’une période consacrée à l’audit des opérateurs et au renforcement du contrôle de la production d’or au Gabon.
Après quatre mois d’arrêt, la SEM s’apprête à renouer avec ses activités dans un secteur que les autorités souhaitent désormais soumettre à un contrôle renforcé. Selon le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, la période de suspension a notamment permis aux services techniques de conduire un audit des entreprises actives dans la recherche et l’exploitation aurifères. La SEM aurait, durant cette période, adopté une attitude jugée responsable par les autorités, facilitant ainsi son intégration dans le nouveau dispositif envisagé pour la filière. Sa reprise intervient alors que le gouvernement entend relancer la production tout en améliorant la maîtrise de la chaîne de valeur.
Le projet de réforme repose notamment sur une traçabilité renforcée de l’or gabonais. Sous réserve de l’adoption du futur Code minier, l’or produit sur le territoire devrait obligatoirement transiter par la raffinerie d’Angor. Chaque lingot pourrait être identifié par un dispositif tel qu’un QR code, permettant de retracer son origine, son permis d’exploitation et son parcours jusqu’à sa commercialisation. Les autorités envisagent également de mettre fin à l’achat direct auprès des particuliers au profit de comptoirs spécialisés, afin de mieux encadrer les transactions et de limiter les circuits informels.
Au-delà de la SEM, cette nouvelle architecture pourrait progressivement concerner d’autres opérateurs, à mesure que leurs situations seront évaluées par le ministère. L’ambition affichée est de faire de l’or une filière plus transparente, traçable et mieux intégrée à l’économie nationale. La raffinerie d’Angor vise par ailleurs une production d’or d’une pureté annoncée à 99,999 %, avec la possibilité d’affecter une partie de cette production aux réserves d’or auprès de la BEAC. Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse donc la seule reprise des activités minières : il s’agit de mieux contrôler une ressource stratégique et d’en préserver davantage la valeur au bénéfice de l’économie gabonaise et des générations futures.