Palais de justice : un agent interpellé pour soustraction présumée de cannabis sous scellés



2026-03-15 10:26:00

L’affaire, survenue au sein de la Cour de cassation à Libreville, relance les interrogations sur la sécurisation des pièces à conviction dans les juridictions gabonaises.



Un incident pour le moins inhabituel s’est produit le 11 mars 2026 au Palais de justice de Libreville. Gaël Oye Meye, agent de la main-d’œuvre non permanente affecté à la Cour de cassation du Gabon, a été interpellé en situation de flagrance pour avoir soustrait du cannabis conservé dans une salle attenante à celle dédiée aux pièces à conviction. Selon plusieurs sources judiciaires concordantes, les faits ont été constatés par le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, accompagné d’agents des services spécialisés, alors qu’ils sortaient de leurs bureaux. L’intéressé aurait été surpris en possession d’une quantité de chanvre indien provenant de produits stupéfiants placés sous main de justice dans le cadre de procédures pénales.

L’incident serait survenu en marge d’une audience solennelle organisée le même jour à la Cour d’appel judiciaire de Libreville, consacrée à la prestation de serment de 23 agents de l’Agence nationale d’investigation financière. Affecté à des tâches techniques lors de cet événement institutionnel, Gaël Oye Meye assurait la gestion du dispositif de sonorisation. Entendu sur les circonstances de l’affaire, il aurait reconnu les faits, expliquant avoir été intrigué par l’odeur du cannabis provenant de sacs entreposés dans une pièce voisine avant d’y retourner, après la cérémonie, pour en prélever une quantité destinée à sa consommation personnelle.

Placée en garde à vue à la brigade spéciale de police judiciaire installée dans l’enceinte du palais de justice, la personne mise en cause devrait être présentée devant le parquet près le tribunal de première instance de Libreville afin que soient examinées les qualifications pénales susceptibles d’être retenues, notamment la soustraction de scellés judiciaires et la détention illicite de stupéfiants. Le cannabis concerné faisait partie de saisies devant être détruites lors d’une opération officielle d’incinération prévue le 17 mars. Au-delà de l’aspect judiciaire, l’affaire relance le débat sur la sécurisation des pièces à conviction dans les juridictions du Gabon, certains observateurs évoquant l’insuffisance d’infrastructures adaptées pour garantir la conservation optimale des scellés.