Piraterie maritime : neuf marins enlevés lors de l’attaque du chalutier dans les eaux gabonaises
2026-01-12 09:39:00
Une attaque de pirates a visé, dans la nuit du 10 au 11 janvier, le chalutier IB Fish 7 alors qu’il opérait dans les eaux territoriales gabonaises, au large d’Équata. Le bilan est lourd : neuf membres de l’équipage ont été enlevés. Alertées, les autorités gabonaises ont immédiatement déployé un dispositif sécuritaire qui a permis de sécuriser le navire et de l’escorter jusqu’à Libreville.
Selon les informations fournies par l’état-major de la Marine nationale, par la voix du vice-amiral Bekale Meyong, l’attaque s’est produite aux environs de 2 heures du matin, à environ cinq milles nautiques au sud-ouest d’Équata. Le chalutier, battant pavillon gabonais et engagé dans une activité de pêche régulière, a été pris d’assaut par trois individus armés arrivés par voie maritime.
Au cours de l’opération, neuf marins ont été contraints de quitter le navire. Parmi les personnes enlevées figurent cinq ressortissants chinois et quatre indonésiens. Six autres membres de l’équipage, de nationalités indonésienne, chinoise et burkinabè, sont restés à bord et ont été mis en sécurité.
Dès la réception de l’alerte, les mécanismes d’intervention d’urgence ont été activés. La Marine nationale, en coordination avec les unités nautiques de la gendarmerie, a procédé à la localisation du chalutier avant de l’escorter sous protection jusqu’au port d’Owendo, où il a accosté sans incident dans la journée de dimanche.
Dans un communiqué officiel, le chef d’état-major de la Marine nationale, s’exprimant au nom de la ministre d’État à la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, a assuré que la situation est suivie « au plus haut niveau de l’État ». Il a également indiqué que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour garantir la sécurité des personnes, des navires et des activités maritimes dans la zone concernée.
Parallèlement au dispositif sécuritaire, une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de la République de Libreville afin d’établir les circonstances exactes de l’attaque, d’identifier les auteurs et de déterminer leurs modes opératoires. Cette procédure s’inscrit dans un contexte régional marqué par la persistance d’une criminalité maritime transfrontalière.
Cet incident rappelle la vulnérabilité persistante du golfe de Guinée face aux actes de piraterie maritime. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années en matière de surveillance navale et de coopération régionale, les navires de pêche et de commerce restent des cibles privilégiées.
L’analyse de cette attaque appelle à un double constat. D’une part, la rapidité de réaction des forces gabonaises démontre une capacité opérationnelle réelle et une chaîne de commandement efficace. D’autre part, l’enlèvement de neuf marins en eaux territoriales met en évidence les limites actuelles des dispositifs de prévention, notamment dans les zones de pêche éloignées des principaux axes de surveillance.
Au-delà de l’émotion suscitée par le sort des otages, cet épisode relance le débat sur le renforcement durable de la sécurité maritime, la protection des équipages étrangers opérant sous pavillon gabonais et la nécessité d’une coopération internationale accrue face à une criminalité organisée, mobile et opportuniste. Une réponse qui ne saurait être uniquement militaire, mais également judiciaire, régionale et structurelle.