Pourquoi payer 2 fois ? Le chef de l’État supprime la prime de transport des bénéficiaires de véhicules de service



2026-06-15 17:34:00

Parmi les mesures annoncées lors de son discours à la Nation, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a décidé de supprimer la prime de transport pour les agents de l’État bénéficiant déjà d’un véhicule de service. Une décision qui pourrait susciter des réactions au sein de l’administration, mais qui repose sur une interrogation simple : est-il justifié de percevoir une indemnité destinée à couvrir des frais de transport lorsque ces mêmes déplacements sont déjà pris en charge par l’État ?



À travers cette mesure, le chef de l’État semble vouloir mettre fin à ce qui apparaît comme un doublon dans l’utilisation des ressources publiques. En principe, la prime de transport a été créée pour compenser les dépenses engagées par les agents dans leurs déplacements professionnels ou domicile-travail. Lorsqu’un agent utilise son propre véhicule ou les transports publics, cette indemnité trouve naturellement sa justification. Mais lorsque l’administration met déjà un véhicule à disposition, avec parfois la prise en charge du carburant, de l’entretien et des assurances, la pertinence du maintien de cette prime peut légitimement être questionnée.

 C’est précisément le message que semble avoir voulu faire passer le président : dans un contexte où chaque franc public doit être utilisé avec efficacité, les avantages accordés doivent correspondre à une réalité objective. Cette décision s’inscrit ainsi dans une logique plus large de rationalisation de la dépense publique. L’objectif n’est pas nécessairement de réduire les revenus des agents concernés, mais de s’assurer que les ressources de l’État sont distribuées de manière équitable et cohérente.

 Certains pourraient estimer que le véhicule de service ne couvre pas toujours l’ensemble des besoins de déplacement ou que la prime de transport est devenue, avec le temps, un élément intégré au revenu global des bénéficiaires. D’autres considèrent au contraire qu’il est difficile de défendre le maintien simultané de deux avantages poursuivant la même finalité. Au-delà de la mesure elle-même, cette annonce révèle surtout une nouvelle approche de la gestion publique : celle d’un examen plus rigoureux des avantages existants afin de vérifier qu’ils répondent toujours à leur objectif initial.

Car la question soulevée par le président dépasse largement la seule prime de transport. Elle renvoie à un principe de bonne gouvernance de plus en plus présent dans les administrations modernes : un avantage public doit-il être maintenu lorsqu’il ne correspond plus à la réalité pour laquelle il a été créé ?

En répondant par la négative, le chef de l’État envoie un signal clair : l’effort de maîtrise des dépenses publiques doit également concerner l’État lui-même. Une orientation qui pourrait annoncer d’autres réformes visant à renforcer l’efficacité et la cohérence dans l’utilisation des ressources publiques.