Procès de la “Young Team” : colère nationale face au système de prédation mis à nu
2025-11-17 10:56:00
Les audiences du procès Bongo-Valentin ont mis en lumière un système d’enrichissement illicite enraciné au sommet de l’État. Les Gabonais, abasourdis par les révélations, oscillent entre colère, incompréhension et sentiment de trahison.
Un système de prédation étalé au grand jour
Le procès de la “Young Team” a dévoilé, sans filtre, l’ampleur du détournement systématique des ressources publiques sous l’ancien régime. Les témoignages successifs ont mis en évidence une mécanique de prédation presque institutionnalisée : flux de liquidités douteux, comptes bancaires gonflés de milliards, dons dissimulés sous couvert de proximité familiale ou amicale. Pour beaucoup, les déclarations d’Abdul Oceni Ossa ont constitué l’un des chocs les plus violents. L’homme, chez qui plusieurs milliards de FCFA ont été retrouvés, a expliqué avec une désinvolture déconcertante que ces sommes provenaient de sa longue amitié avec le fils de l’ancien président. Une phrase, “il me give le coca”, a suffi à cristalliser l’arrogance d’un système où l’argent public semblait distribué au gré des affinités personnelles.
Colère populaire et sentiment de trahison
Sur les réseaux sociaux comme dans les conversations de rue, l’indignation est palpable. Les Gabonais découvrent non seulement l’ampleur des fonds siphonnés, mais aussi l’insolence et l’assurance de ceux qui en profitaient. Pour beaucoup, les aveux d’Oceni Ossa et les déclarations sur les biens détenus à l’étranger par Noureddin Bongo Valentin confirment des soupçons longtemps nourris : une minorité vivait dans l’opulence pendant que la majorité peinait à joindre les deux bouts. Les réactions se multiplient, acerbes, sans détour. “Pendant que le peuple cherchait l’argent, vous dormiez dessus”, fulmine un internaute. “Le Gabon était un gâteau, chacun venait se servir”, ironise un autre. Ce sentiment de spoliation collective constitue l’un des effets les plus durables de ce procès, qui marque une rupture nette dans la perception de la classe dirigeante déchue.
Des révélations explosives sur la fraude électorale
Au-delà des détournements massifs, un autre pan du procès secoue l’opinion : les accusations de financement illégal et de manipulation électorale. Les témoignages évoquant une mallette de 500 millions de FCFA remise à un représentant du Centre gabonais des élections, en vue d’influer sur la présidentielle d’août 2023, ont jeté une lumière crue sur les méthodes employées pour verrouiller le pouvoir. Ces révélations alimentent une colère encore plus profonde, car elles touchent au cœur de la vie démocratique du pays. Pour de nombreux Gabonais, ce procès confirme que la “Young Team” n’était pas seulement un cercle de privilégiés, mais un rouage central d’un système visant à confisquer les richesses… et les institutions.