Procès des Bongo Valentin : 2 milliards par an destinés à l'achat des bijoux et vêtements de Sylvia Bongo



2025-11-12 09:54:00

La deuxième journée d’audience du procès dit de la “Young Team”, ce mardi 11 novembre 2025 au Palais de justice de Libreville, a été marquée par un témoignage choc d’un proche collaborateur de l’ancienne Première dame, Sylvia Bongo Ondimba.



Sous serment, Kim Oun, appelé à la barre comme témoin, a révélé que l’État gabonais aurait alloué chaque année près de 2 milliards de francs CFA pour satisfaire les caprices de l’épouse de l’ex-président Ali Bongo Ondimba, couvrant l’achat de bijoux, vêtements de haute couture et œuvres d’art. La révélation a provoqué une onde de choc dans la salle d’audience, suivie par la presse nationale et internationale.

Kim Oun a également détaillé son rôle dans la gestion administrative de trois sociétés fictives, enregistrées au nom de Sylvia Bongo et de son fils, Noureddin Bongo Valentin. Selon le témoin, ces entités agissaient comme des coquilles vides, des “écrans” destinés à centraliser et masquer des flux financiers somptuaires.

« Je n’ai fait qu’exécuter les instructions que l’on me donnait », a précisé Kim Oun, expliquant que les fonds utilisés pour ces achats provenaient de transferts opaques, dont l’origine pourrait être liée à des ressources publiques ou à des pratiques de corruption.

Le procureur, attentif, a interrogé le témoin sur la traçabilité de ces fonds, soulignant que ces révélations permettent de cerner un dossier plus large d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent impliquant la famille présidentielle et ses proches collaborateurs.

Ce procès, inscrit dans la session criminelle spécialisée du 10 au 14 novembre 2025, vise la “Young Team”, un cercle restreint d’associés de la famille présidentielle accusés de malversations financières sous le régime Bongo. Les investigations, ouvertes depuis le coup d’État d’août 2023, portent sur des montants considérables détournés, incluant des comptes offshore et des acquisitions immobilières à l’étranger.

À titre de comparaison, les 2 milliards FCFA annuels évoqués par Kim Oun représentent plusieurs fois le budget de certains ministères gabonais, soulignant l’ampleur et l’ampleur symbolique de ces dépenses.

Demain, Kim Oun reviendra à la barre, mais cette fois en tant qu’accusé, pour répondre aux charges de complicité de détournement et de faux en écriture. Les prochains jours du procès promettent donc d’être tout aussi intenses, avec de nouvelles révélations sur les circuits financiers opaques de la famille Bongo.

Cette affaire, à la croisée de la justice et de la politique, continue de captiver l’attention nationale et internationale, tant elle illustre les pratiques de gestion opaque du régime précédent et le travail de la justice gabonaise pour retracer l’ampleur de la corruption au plus haut niveau de l’État.