Protection de l’enfance : l’État gabonais frappe un grand coup contre l’exploitation des mineurs à Libreville
2025-12-13 14:59:00
Face à la persistance des violences et de l’exploitation touchant les enfants, les autorités gabonaises haussent le ton. Une opération conjointe menée à Libreville les 11 et 12 décembre marque une étape significative dans la volonté affichée de l’État de protéger les droits fondamentaux des mineurs et de démanteler les réseaux qui prospèrent sur leur vulnérabilité.
Le Gabon a récemment intensifié sa riposte contre l’exploitation des mineurs, en plaçant la protection de l’enfance au cœur de l’action publique. C’est dans ce cadre qu’une opération conjointe, conduite par le ministère de la Justice à travers la Direction des Affaires sociales, de la Protection de l’enfance et de l’Assistance judiciaire (DASPEAJ), en collaboration avec le parquet de la République de Libreville, a permis l’interpellation de 46 mineurs dans plusieurs quartiers sensibles de la capitale. Selon les informations rapportées par L’Union, cette action ciblée fait suite à la détection de situations de danger avérées et de grande vulnérabilité chez des enfants livrés à eux-mêmes.
Menées de jour comme de nuit, les interventions se sont concentrées sur des zones identifiées comme à haut risque, notamment le rond-point de Nzeng-Ayong, la gare routière et le marché de Mont-Bouët, ainsi que certains établissements scolaires. Pour la directrice générale de la DASPEAJ, Gladys Maganga Amoussou, l’objectif était clair : prévenir les atteintes graves aux droits des enfants, identifier les situations d’exploitation et assurer une prise en charge immédiate des victimes. Sur les 46 mineurs interpellés, 35 ont été remis à leurs parents, convoqués et fermement rappelés à leurs responsabilités par les autorités judiciaires.
L’affaire a toutefois pris une dimension plus préoccupante avec le maintien en garde à vue de sept mineurs, dont trois garçons burkinabés, trois filles togolaises et un garçon nigérian. Ces enfants ont déclaré avoir subi des abus et des maltraitances, se présentant comme victimes d’un réseau d’exploitation encore non identifié. Pour les autorités, ces révélations confirment l’existence de pratiques transnationales d’exploitation infantile et renforcent l’urgence d’une réponse coordonnée, à la fois judiciaire, sociale et préventive. Cette opération, saluée comme un tournant, illustre la détermination du gouvernement gabonais à rompre avec l’impunité et à faire de la protection de l’enfance un pilier non négociable de la politique publique.