Retour de la Mission Économique de la Francophonie : un marché de 400 millions d’habitants
2026-05-08 16:39:00
Réunis les 6 et 7 mai 2026 à l’hôtel Nomad de Libreville, les acteurs économiques francophones ont participé à la mission retour de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) au Gabon. Quatre ans après la première Mission économique de la Francophonie organisée dans la capitale gabonaise, cette nouvelle rencontre a mis l’accent sur deux enjeux majeurs : la souveraineté numérique et la souveraineté agricole, considérées comme des leviers stratégiques pour le développement économique de l’Afrique centrale.
Dans un format plus resserré et orienté vers les opportunités concrètes, cette mission visait à favoriser les partenariats d’affaires et renforcer les échanges économiques intra-francophones. Les débats ont largement porté sur la transformation numérique du continent et les besoins croissants en compétences technologiques. Intervenant au cours des échanges, Mme Antonia Akoure épouse Oliveira a insisté sur l’urgence de préparer les ressources humaines africaines aux mutations du marché de l’emploi. « Aujourd'hui, dans la sous-région, d'ici 2030, on va avoir la création d'à peu près 2 000 000 emplois qui seront connectés d'une manière ou d'une autre au numérique. Pour que notre capital humain soit simplement éligible pour répondre à ces différents emplois numériques créés, on a la nécessité qu'il soit formé », a-t-elle expliqué, soulignant le défi crucial de la formation professionnelle face à l’essor du digital.
Le secteur privé a également mis en avant les conditions nécessaires à l’émergence d’un véritable écosystème numérique africain. L’entrepreneur fintech Sylvère Boussamba a salué la richesse des échanges tenus durant cette mission. « Nous avons eu un panel intéressant qui nous a permis de regarder ces opportunités sous différents angles, sous l'angle des talents, sous l'angle des infrastructures, sous l'angle législatif, et de regarder comment, lorsqu'on met toutes ces choses bout à bout, on peut arriver à concrétiser un certain nombre de partenariats avec ces entreprises », a-t-il déclaré. Pour les participants, la compétitivité numérique du continent dépendra autant des investissements technologiques que de la capacité des États à mettre en place des cadres réglementaires adaptés et attractifs.
Parmi les interventions les plus marquantes figure celle de Charles Boukinda, directeur général de Digitech Africa, qui a rappelé la puissance économique que représente l’espace francophone pour les entreprises africaines. « Une des opportunités majeures qu'offre cette plateforme qu’est l’OIF, c'est de pouvoir partager un marché commun qui nous réunit à travers un capital extrêmement important qui est celui de la langue française », a-t-il affirmé. Selon lui, cet espace constitue une ouverture stratégique pour des pays comme le Gabon. « Avec une population à 2,5 millions d'habitants environ, le Gabon peut avoir accès à un marché finalement beaucoup plus grand, un marché qui va jusqu'à plus de 400 millions d'habitants. Cela représente une opportunité importante, mais également le partage d'expériences, le partage de bonnes pratiques et de compétences », a ajouté le dirigeant de Digitech Africa. Organisée en présence du ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Alexandre Doumba, cette mission retour de l’OIF confirme la volonté du Gabon de s’inscrire pleinement dans la dynamique économique et numérique de l’espace francophone.