Route Yombi-Omboué : seulement 2 % des travaux réalisés en neuf mois
2026-06-29 10:09:00
Le ministère des Travaux publics et de la Construction a effectué une mission d'inspection sur le chantier routier Yombi-Mandji-Omboué, l'un des projets d'infrastructures les plus attendus du pays. Si cette visite traduit la volonté du Gouvernement d'assurer un suivi rigoureux des grands travaux, elle met également en évidence un constat préoccupant : neuf mois après son lancement officiel, le chantier n'affiche qu'un taux d'exécution de 2 %, révélant les nombreux défis techniques et opérationnels auxquels fait face ce projet stratégique de désenclavement.
Conduite par le directeur de cabinet du ministre des Travaux publics et de la Construction, Yvon Fabrice Mombo, la délégation ministérielle s'est rendue sur la première phase du projet, couvrant 125 kilomètres entre Yombi et le carrefour Rabi, sur un linéaire total de 244 kilomètres reliant Yombi, Mandji et Omboué. Cette mission a permis d'évaluer l'état d'avancement des travaux et de recueillir les explications des différents intervenants. Les responsables de la mission de contrôle ADN Engineering ont notamment présenté les principales caractéristiques techniques du chantier, parmi lesquelles la construction d'un giratoire au carrefour Rabi, plusieurs ouvrages hydrauliques et d'art, ainsi que les différentes infrastructures destinées à accompagner la future route. La délégation a également visité la base technique de l'entreprise adjudicataire Ebomaf, la voie de contournement en cours d'aménagement et la centrale à béton, avant de tenir une séance de travail avec l'ensemble des parties prenantes.
Les échanges ont permis de mettre en lumière un rythme d'exécution inférieur aux attentes. Avec seulement 2 % de réalisation enregistrés en neuf mois, le chantier accuse un retard qui soulève des interrogations quant au respect du calendrier initial. Cette rencontre a offert l'occasion d'identifier les difficultés rencontrées sur le terrain et de rechercher des solutions susceptibles d'accélérer les travaux. Le suivi rapproché du ministère traduit ainsi une volonté d'améliorer la coordination entre les différents acteurs du projet et de lever progressivement les contraintes susceptibles de freiner son exécution. Pour les autorités, il s'agit d'assurer une meilleure maîtrise des délais tout en maintenant les exigences de qualité des ouvrages.
Lancé officiellement le 11 septembre 2025, ce projet constitue l'un des plus importants programmes routiers engagés ces dernières années au Gabon. Il ambitionne de relier durablement Port-Gentil au réseau routier national à travers Omboué et Mandji, renforçant ainsi la mobilité des personnes et des marchandises. La première phase prévoit notamment la construction de onze ponts, soixante-trois dalots, d'une chaussée de près de onze mètres de largeur, de stations de péage et de pesage, ainsi que d'arrêts de bus. Au-delà des infrastructures routières, le projet intègre également une forte dimension sociale avec la réhabilitation d'établissements scolaires et de centres de santé, la réalisation de forages, l'aménagement des accès aux cours d'eau et l'accompagnement des populations concernées par les expropriations. Malgré le retard constaté, les autorités réaffirment leur détermination à faire de cette route un levier majeur du désenclavement, de la cohésion territoriale et du développement économique durable du Gabon.