RSE : Zone économique et secteur minier deux modèles, deux réalités territoriales



2026-06-16 09:38:00

La Zone économique spéciale de Nkok constitue l'un des principaux centres de création de richesse du pays. Pourtant, contrairement à certains secteurs stratégiques comme les mines, aucun mécanisme légal spécifique ne prévoit aujourd'hui une redistribution directe d'une partie des revenus générés vers la commune qui accueille cette activité industrielle. Une situation qui relance le débat sur le partage des bénéfices du développement économique.



La réussite économique de la Zone économique spéciale de Nkok ne fait plus débat. Les investissements accumulés depuis sa création, l'implantation de nombreuses entreprises et les milliers d'emplois générés en font l'un des projets industriels les plus ambitieux du Gabon moderne. Cette réussite soulève néanmoins une question de plus en plus présente dans l'opinion locale : comment les collectivités territoriales bénéficient-elles concrètement de cette dynamique ?

À ce jour, les retombées directes pour la commune de Ntoum reposent essentiellement sur les emplois créés, l'activité économique induite et les actions de responsabilité sociétale mises en œuvre par les entreprises. Aucun texte ne prévoit cependant une redistribution automatique d'une partie des revenus ou bénéfices générés par la zone au profit de la collectivité locale.

Cette situation contraste avec celle du secteur minier. Le Code minier gabonais prévoit en effet qu'une partie des recettes minières soit affectée au développement des communautés locales à travers un Fonds de développement dédié. Ce mécanisme vise à faire en sorte que les populations vivant à proximité des sites d'exploitation bénéficient directement des richesses extraites de leur territoire.

Dès lors, certains observateurs s'interrogent sur l'opportunité d'étendre une logique similaire aux grandes zones industrielles du pays. Une quote-part dédiée pourrait permettre de financer des projets structurants dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'eau potable, de l'assainissement ou encore de la formation professionnelle.

Au-delà du cas de Ntoum, le débat renvoie à une problématique plus large : celle du partage territorial des fruits de la croissance. Alors que le Gabon poursuit sa stratégie de transformation économique, la question de l'équilibre entre performance industrielle et développement local pourrait rapidement s'imposer comme l'un des grands sujets de réflexion des prochaines années.