Sécurité alimentaire : l’Agasa met en demeure le principal producteur de sucre du Gabon
2026-07-03 09:01:00
L’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) a mis en demeure Les Sucreries du Gabon à la suite d’une inspection inopinée menée le 27 juin 2026 dans son unité de production du Haut-Ogooué. Sans nommer officiellement l’entreprise, les éléments communiqués par l’Agence pointent clairement le principal producteur national de sucre de canne. Cette intervention révèle plusieurs manquements en matière d’hygiène, de stockage et de conformité sanitaire, relançant le débat sur le contrôle des industries agroalimentaires stratégiques.
Selon les informations rendues publiques, les équipes de l’Agasa ont constaté « des défauts d’hygiène dans les locaux de production et de stockage », ainsi que la présence de 172 intrants et de 10 réactifs de laboratoire dont les dates limites d’utilisation étaient dépassées. Des irrégularités dans les conditions de conservation des matières premières ont également été relevées, conduisant l’Agence à prononcer une mise en demeure de l’industriel. À ce stade, aucune mesure de suspension ou de retrait de produits n’a été décidée, l’autorité sanitaire attendant les résultats des analyses de laboratoire effectuées sur des échantillons de sucre prélevés sur site.
Ces analyses, de nature physicochimique et microbiologique, devront permettre d’évaluer la conformité des produits commercialisés et de déterminer, le cas échéant, les mesures administratives appropriées. Dans son communiqué, l’Agasa insiste sur le principe d’égalité de traitement entre tous les opérateurs économiques, rappelant que la sécurité sanitaire des aliments « ne connaît ni exception ni différence de traitement ». L’Agence souligne également que chaque inspection vise un objectif unique : garantir aux consommateurs des produits sûrs et conformes aux normes en vigueur.
Rachetées par le groupe turc MFB, Les Sucreries du Gabon constituent le principal acteur de la filière sucrière nationale, avec des plantations industrielles et une unité de transformation implantées dans la province du Haut-Ogooué. L’entreprise commercialise notamment les marques Reine et Princesse Tatie, largement présentes sur le marché gabonais. Cette mise en demeure intervient donc dans un contexte sensible, où la régulation sanitaire des produits de grande consommation apparaît comme un enjeu central de protection des consommateurs et de crédibilité des chaînes agroalimentaires locales.