Santé des végétaux : l’Afrique se donne rendez-vous à Libreville
2026-08-06 15:40:00
Le Gabon frappe fort sur la scène continentale. Cette semaine, Libreville accueille l’atelier régional Afrique de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), réunissant des représentants de plus de 40 pays africains autour d’un enjeu vital : la sécurité alimentaire du continent.
Aux côtés d’experts de la FAO, de la CIPV et du Conseil phytosanitaire interafricain de l’Union africaine, les délégations planchent sur l’harmonisation des normes phytosanitaires. L’objectif est clair : permettre aux États africains de parler d’une seule voix face aux négociations internationales, et défendre leurs intérêts dans les futures règles sanitaires du commerce agricole.
Le chiffre donne le vertige. Selon la FAO, près de 40 % des productions agricoles mondiales disparaissent chaque année, ravagées par les nuisibles et les maladies des plantes. Un fléau qui fragilise la sécurité alimentaire, rogne les revenus des producteurs et menace les écosystèmes entiers.
Les discussions ne s’arrêtent pas à la théorie. Les participants planchent aussi sur le renforcement des Organisations nationales de protection des végétaux, et sur le déploiement d’outils numériques comme ePhyto, PRA ou ECP, pensés pour sécuriser les certificats phytosanitaires et couper court aux fraudes documentaires.
L’enjeu dépasse largement le cadre agricole. Dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), harmoniser ces normes, c’est aussi lever les barrières techniques qui freinent les échanges entre pays africains. Un levier économique autant que sanitaire.
À l’issue de la rencontre, les experts devraient adopter une série de recommandations techniques sur les futures normes internationales et proposer des actions pour renforcer la coordination entre les organisations africaines de protection des végétaux.
En accueillant ce rendez-vous stratégique, le Gabon confirme son ambition : devenir un acteur moteur de la gouvernance phytosanitaire africaine, à l’heure où le commerce agricole intra-africain s’impose comme un pilier du développement du continent.