Télé Africa s’éteint : fin d’une chaîne



2025-12-31 13:49:00

La chaîne d’information en continu TV SAT / Télé Africa a définitivement cessé d’émettre. Présentée initialement comme une simple restructuration, cette issue marque en réalité la fin brutale d’une aventure médiatique emblématique, laissant des dizaines de salariés sans emploi et sans perspectives claires, dans un climat social déjà fragile.



La fermeture de Télé Africa met un point final à une expérience médiatique historiquement associée à la famille Bongo. Ce qui devait être une réorganisation interne s’est mué en une cessation totale d’activités, confirmant l’ampleur des difficultés financières de la chaîne. Placée sous administration provisoire, l’entreprise, dirigée par Maître Roger Valère Moussadji, a officiellement reconnu son incapacité à honorer ses engagements, invoquant une trésorerie exsangue et une absence de revenus suffisants pour assurer sa survie.

Déclarée en cessation de paiements, la société a engagé une procédure de rupture amiable des contrats de travail, présentée comme l’ultime option pour tenter d’indemniser les salariés. Mais sur le terrain, cette solution est largement contestée. Les agents dénoncent des propositions jugées dérisoires, sans rapport avec leurs droits légaux. Beaucoup cumulent plus d’une décennie d’ancienneté, parfois jusqu’à vingt ans de service, et affirment attendre près de trois années de salaires impayés. À cette dette sociale s’ajoute une injonction de libérer immédiatement les locaux, vécue comme une humiliation supplémentaire.

Au-delà des aspects financiers, la situation révèle un profond malaise : celui du sentiment d’abandon. Les anciens salariés, pour la plupart chefs de famille, s’interrogent sur le silence des pouvoirs publics face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte manifeste aux droits des travailleurs. Dans un contexte où le chômage et la précarité occupent une place centrale dans le débat national, la disparition de Télé Africa apparaît comme un symbole inquiétant de la fragilité du secteur privé et du monde des médias. Reste désormais à savoir si l’État saura apporter une réponse équitable et responsable à cette crise sociale, afin que la fin d’une chaîne ne se transforme pas en naufrage humain durable.