Taxes sur les transactions mobiles money : la Beac pas d’accord



2026-03-18 14:06:00

Yvon Sana Bangui, Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale a participé le 9 mars 2026 à Kigali au Rwanda, à la réunion de haut niveau du Réseau des banques centrales d’Afrique Subsaharienne.



Elle était  Organisée par le  Fonds Monétaire International (FMI) et  la  Banque Nationale de Rwanda, en partenariat avec  le Global Finance and Technology Network (GFTN).  Au cours des travaux, le Gouverneur de la Banque Centrale a énuméré les barrières à l’inclusion financières au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique.   Il a par exemple dénoncé  la tendance actuelle  à taxer les transactions par Mobile Money. Pour  lui, cette pression fiscale sur les transactions numériques constitue une « régulation parallèle » qui va à l'encontre des efforts de modernisation portés par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale  et la Commission bancaire de l’Afrique Centrale. Face à ce constat, Yvon Sana Bangui  propose  un changement de paradigme radical.  « Il faut cesser de pénaliser les flux digitaux pour, au contraire, taxer l'utilisation du cash, source potentielle de fraude et d'opacité » a-t-il proposé.

Pour lui,  la transparence des flux et l'inclusion financière passent par une politique d'incitation massive au digital et une désincitation forte au numéraire. La stratégie qu’il propose  repose sur une « taxation du cash » concrète : imposition de droits de timbre sur les règlements de factures en espèces et mise en place de malus fiscaux pour les agents économiques opérant majoritairement en argent liquide.

 En rendant l'argent liquide plus coûteux et moins pratique que le paiement électronique, le Gouverneur  de la Beac entend assécher la circulation du cash et garantir une traçabilité totale des échanges. Cette vision, portée à Kigali devant les décideurs internationaux, positionne la Beac  comme «  le fer de lance d'une révolution monétaire où le digital deviendra le standard ». Cette transformation garantira une meilleure maîtrise des flux financiers  intra-Cemac et transfrontalières, ainsi qu'une stabilité économique accrue pour l'Afrique Centrale.