Tourisme et artisanat : Le potentiel gabonais peut-il enfin devenir un vrai moteur de croissance ?
2026-08-06 11:15:00
Le 5 août 2026, Lambaréné est devenue le point de départ d’une ambition longtemps attendue. Sous la présidence de la ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, Pr Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, et en présence du gouverneur du Moyen-Ogooué Jean-Benoît Békalé, un atelier de neuf jours a été lancé pour bâtir la stratégie nationale de développement du tourisme durable et de dynamisation de l’artisanat.
Le pari est ambitieux mais le terrain existe déjà. Le Gabon couvre près de 90 % de son territoire de forêts, compte treize parcs nationaux et abrite l’une des biodiversités les plus riches d’Afrique. À cela s’ajoute un artisanat vivant, porté par le savoir-faire de communautés entières. Sur le papier, tous les ingrédients d’une destination écotouristique majeure sont réunis. Dans les faits, la contribution de ce secteur à l’économie nationale reste minuscule face à son potentiel.
Cet atelier s’inscrit dans une logique plus large, réduire la dépendance du pays aux matières premières en construisant de nouveaux relais de croissance. Le tourisme durable et l’artisanat cochent plusieurs cases à la fois, créer de l’emploi pour les jeunes et les femmes, faire vivre les économies locales, préserver le patrimoine naturel et culturel, et redorer l’image internationale du Gabon.
Reste l’obstacle habituel, passer du plan à l’exécution. Développer le tourisme suppose des investissements lourds en infrastructures, transport, hébergement, formation et sécurité. Côté artisanat, les défis sont tout aussi concrets, accès au financement, structuration des filières, qualité des produits, accès aux marchés national et export.
Des villes comme Lambaréné, Loango, Mouila, Makokou ou Franceville disposent chacune d’atouts capables d’attirer davantage de visiteurs, à condition que les communautés locales soient réellement associées à la dynamique et que les retombées économiques leur reviennent.
Neuf jours de réflexion ne suffiront pas à transformer le pays. Mais ils poseront la question qui compte vraiment, les Gabonais ne jugeront pas cette stratégie sur la qualité du document produit, mais sur ses effets concrets plus de touristes, des artisans mieux accompagnés, des emplois créés, des territoires qui en profitent réellement.