Transport aérien : Fly Gabon suspend la redevance R4
2026-08-03 11:28:00
Le bras de fer autour de la nouvelle redevance aéroportuaire R4 s’intensifie. La compagnie nationale Fly Gabon a annoncé la suspension de sa collecte auprès des passagers, estimant que les nouvelles modalités prévues par la Loi de finances rectificative 2026 créent une situation injuste pour les voyageurs et risquent de fragiliser davantage un secteur aérien déjà confronté à de nombreuses difficultés. La compagnie appelle à une concertation afin de revoir les conditions d’application de cette taxe.
Au cœur de la controverse,
l’extension de la redevance R4 à l’ensemble des aéroports du Gabon, alors que
son produit est destiné au concessionnaire de l’aéroport international de
Libreville. Pour Fly Gabon, cette disposition manque de cohérence puisqu’elle
impose une taxe à des passagers utilisant des plateformes aéroportuaires qui ne
relèvent pas du périmètre de concession du bénéficiaire. La compagnie rappelle
qu’une redevance devrait, par principe, être directement liée aux
infrastructures et aux services effectivement utilisés par les voyageurs.
L’impact financier s’annonce
particulièrement lourd pour les passagers effectuant des correspondances. Fly
Gabon explique que la R4 est appliquée à chaque départ et à chaque arrivée,
multipliant ainsi les prélèvements sur un même voyage. Un aller-retour entre
Port-Gentil et Franceville via Libreville pourrait ainsi générer huit
taxations, représentant plus de 52 000 FCFA de redevances. Sur les liaisons
régionales, un itinéraire Douala–Brazzaville via Libreville pourrait supporter
plus de 131 000 FCFA de prélèvements, une situation que la compagnie juge
susceptible de décourager les voyageurs et d’affaiblir le rôle de Libreville
comme hub sous-régional.
Face à ces conséquences, Fly
Gabon affirme avoir pris la décision de suspendre temporairement la perception
de cette redevance afin de préserver le pouvoir d’achat des passagers, de
limiter les effets cumulés avec le retour de la TVA sur les vols domestiques et
de maintenir la viabilité économique des dessertes nationales et régionales. La
compagnie insiste sur le fait que cette décision ne constitue ni une
contestation de l’autorité de l’État ni un refus de contribuer au financement
des infrastructures aéroportuaires.
À travers cette prise de
position, le transporteur national entend surtout alerter les pouvoirs publics
sur les risques économiques et sociaux qu’une telle mesure pourrait engendrer.
Pour son directoire, l’enjeu dépasse la seule question fiscale : il concerne la
compétitivité du transport aérien gabonais, l’attractivité de Libreville comme
plateforme de correspondance et, plus largement, la réussite de la stratégie
nationale de connectivité.