17,6 milliards de dirhams en trois mois : pourquoi le Maroc continue de dominer la CIMA ?



2026-09-11 14:20:00

Le marché marocain de l’assurance confirme son poids à l’échelle africaine. Au deuxième trimestre 2026, les assureurs et réassureurs opérant dans le Royaume ont généré 17,62 milliards de dirhams de primes, soit environ 1,9 milliard de dollars, en progression de 5,4 % sur un an. À travers ce niveau d’activité, le Maroc affiche une profondeur de marché qui contraste avec celle des économies couvertes par la zone CIMA, où l’assurance demeure encore largement sous-pénétrée.



Le premier chiffre à retenir est celui du volume de primes. Entre avril et juin 2026, le secteur marocain de l’assurance et de la réassurance a généré 17,62 milliards de dirhams de primes, contre une progression annuelle de 5,4 %. Les activités vie représentent 9,37 milliards de dirhams, tandis que la branche non-vie atteint 8,25 milliards. Cette performance traduit la profondeur d’un marché capable de mobiliser des volumes importants autour de la protection, de l’épargne et de l’investissement.

Le Maroc bénéficie notamment d’un marché de l’assurance-vie particulièrement développé. Au deuxième trimestre, les primes vie ont progressé de 5,2 %, tandis que les activités non-vie augmentaient de 5,6 %. L’un des signaux les plus significatifs concerne les supports en unités de compte, dont les primes ont progressé de 62,9 % sur un an pour atteindre près de 800 millions de dirhams. Cette évolution traduit une montée en puissance des produits d’épargne et d’investissement adossés à l’assurance.

Face à cette dynamique, la zone CIMA évolue dans un environnement beaucoup plus fragmenté. La Conférence interafricaine des marchés d’assurances regroupe 14 États d’Afrique subsaharienne et encadre un marché dont la croissance reste freinée par une faible pénétration de l’assurance, une couverture limitée de certains risques et un poids encore important de l’informel. La comparaison avec le Maroc doit donc être lue avec prudence : les périmètres géographiques et les structures économiques ne sont pas identiques.

Cette différence révèle surtout deux modèles de développement du secteur. Le Maroc a progressivement construit un marché diversifié, soutenu par l’assurance-vie, l’épargne, la bancassurance et un tissu financier relativement profond. Dans l’espace CIMA, le défi consiste davantage à élargir la couverture, développer les produits adaptés aux ménages et aux PME et renforcer la culture assurantielle. La progression des marchés africains dépendra donc autant de la croissance des primes que de leur capacité à toucher de nouveaux assurés.

Le véritable enjeu pour la CIMA est ainsi celui du potentiel inexploité. Le contraste avec les 17,62 milliards de dirhams enregistrés au Maroc montre l’espace qui reste à conquérir en matière d’assurance en Afrique centrale et de l’Ouest. Développement de la micro-assurance, digitalisation, assurance agricole, couverture santé et protection des PME peuvent constituer des relais de croissance majeurs. Le Maroc confirme aujourd’hui son rôle de locomotive francophone, tandis que la zone CIMA dispose encore d’un vaste marché à structurer.