Fonds RSE 2025 : Eramet Comilog mobilise plus de 8,6 milliards de FCFA dans le Haut-Ogooué



2026-09-11 11:24:00

Santé, éducation, accès à l’eau, énergie et infrastructures : en 2025, le partenariat entre l’État gabonais et Eramet Comilog a franchi un nouveau cap dans la mise en œuvre du Fonds RSE. Si les réalisations se multiplient sur le terrain, l’exercice a aussi été marqué par des tensions budgétaires liées au dépassement du coût de plusieurs projets structurants.



En 2025, le Fonds RSE n’a pas seulement affiché des chiffres : il s’est traduit par une présence accrue sur le terrain. Encadrée par le Code minier de 2019 et l’Addendum contractuel de 2020, la gestion du dispositif repose sur une gouvernance paritaire à travers le Comité de Gestion Partenariale (CGP) et le Comité de Gestion Opérationnelle (CGO). Avec une enveloppe globale de 10,412 milliards de FCFA, intégrant les reports de 2024 et la dotation 2025 de 7,396 milliards, 8,622 milliards de FCFA avaient été décaissés au 31 décembre 2025. Une dynamique qui traduit, selon Léod Paul Batolo, administrateur directeur général d’Eramet Comilog, la volonté de faire de l’activité minière « un moteur concret de progrès pour les territoires et les populations qui les habitent ».

Mais derrière cette accélération se cache une réalité financière plus tendue. Six projets majeurs ont finalement nécessité 7,209 milliards de FCFA, contre 4,810 milliards initialement prévus. Soit un dépassement de 2,481 milliards de FCFA. Le principal facteur de cette dérive budgétaire reste le redimensionnement du Lycée de l’Excellence, décidé par le ministère de l’Éducation nationale. Le projet affiche désormais un coût final de 3,961 milliards de FCFA. Pour honorer les engagements contractuels restant à solder, 1,482 milliard de FCFA devra ainsi être prélevé sur l’enveloppe 2026, signe que le déploiement des grands projets impose aussi de revoir les équilibres financiers du Fonds.

Sur le terrain, le Haut-Ogooué concentre l’essentiel des investissements, avec 70 % pour Moanda, 20 % pour Bakoumba et 10 % pour Mounana. Dans le secteur de la santé, l’Hôpital départemental de Moanda apparaît comme l’une des réalisations les plus emblématiques. Pour 1,224 milliard de FCFA investis, l’établissement a enregistré, en moins d’un an après son ouverture, 7 627 consultations, 1 264 hospitalisations et 370 accouchements, avec 112 agents en poste. Des indicateurs qui illustrent surtout l’importance de cette infrastructure pour une population longtemps confrontée à une offre sanitaire insuffisante.

L’accès aux services essentiels reste également au cœur du dispositif. 2 860 panneaux et lampadaires solaires ont été installés en deux phases, tandis que les travaux de forage poursuivent leur progression. À Moanda, les 11 forages affichent un taux d’exécution de 52 %, contre 80 % pour les deux forages de Moukaba. Dans les infrastructures sociales, l’école de Bidoungui a été entièrement réhabilitée et la médiathèque de Bakoumba livrée. À Mounana, le Centre de contrôle technique et permis de conduire atteint pour sa part 70 % d’avancement.

Au-delà du bilan comptable, le rapport 2025 du Fonds RSE dessine donc une ambition : transformer les retombées de l’activité minière en réalisations directement perceptibles par les populations du Haut-Ogooué. Moanda, Bakoumba et Mounana deviennent ainsi les principaux terrains d’expérimentation d’un modèle où l’investissement minier se veut aussi social et territorial. Reste désormais le défi de 2026 : absorber les engagements reportés, maîtriser les coûts des projets et maintenir le rythme des réalisations, sans fragiliser l’équilibre financier du mécanisme.