Débets de 1 700 milliards de FCFA : CEDOC, mairie de Libreville, Sogea-Satom, comptables publics… Les entités épinglées par la Cour des comptes



2026-09-11 14:10:00

Le chiffre a marqué l’opinion : 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes restent à recouvrer au profit de l’État gabonais. Derrière ce montant, il ne s’agit pas d’une nouvelle affaire de détournement portant sur une somme unique, mais d’un stock de décisions accumulées sur plusieurs années, dont certaines remontent à près de deux décennies. La Cour des comptes entend désormais accélérer leur recouvrement, avec un délai d’un mois accordé aux personnes physiques et morales concernées.



Le chiffre de 1 700 milliards de FCFA constitue avant tout un indicateur du stock de sommes restant dues à l’État. Présenté par le Premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, ce montant correspond à des débets et amendes prononcés par la juridiction financière au fil des années. La Cour a précisé que cette somme ne correspond pas aux seuls contrôles réalisés récemment. Elle traduit plutôt l’accumulation de décisions dont l’exécution et le recouvrement restent aujourd’hui au cœur des préoccupations.

Les documents évoqués dans le débat public permettent surtout de mesurer la diversité des dossiers concernés. Les organismes publics, administrations, comptables et entreprises apparaissent à différents niveaux dans les décisions prises par la juridiction financière. Certaines affaires portent sur des recettes qui n’auraient pas été reversées au Trésor, d’autres sur la gestion de fonds publics ou encore sur l’exécution de marchés. À ce stade, la publication de ces montants doit toutefois être distinguée de l’identification de personnes comme responsables d’infractions pénales.

Parmi les chiffres avancés figurent notamment des dossiers concernant la mairie de Libreville, le CEDOC ou encore certains secteurs de l’administration financière. Le cas du CEDOC est particulièrement significatif dans les éléments communiqués, avec des sommes liées aux droits et recettes issus notamment des visas et cartes de séjour. D’autres dossiers concernent des comptables publics ou la gestion de ressources dans différents ministères. La ventilation détaillée des décisions constitue ainsi une pièce essentielle pour comprendre comment le stock de 1 700 milliards s’est progressivement constitué.

Le même constat concerne le secteur des entreprises et des marchés publics. Les documents cités font apparaître des dossiers portant sur des écarts financiers, des surfacturations présumées ou des sommes à restituer dans le cadre de certains marchés. Ces éléments doivent cependant être rapportés aux décisions et pièces officielles correspondantes, afin d’éviter de confondre une dette juridictionnellement établie avec une accusation pénale. Pour l’opinion, l’enjeu est donc désormais d’accéder à une lecture précise, dossier par dossier, des sommes effectivement exigibles.

Le véritable tournant se situe désormais dans le recouvrement. Selon les informations communiquées par la Cour des comptes, les personnes concernées disposent d’un délai d’un mois pour régulariser leur situation, avec une échéance fixée au 7 octobre 2026. À défaut, les dossiers susceptibles de relever du pénal pourraient être transmis à la justice répressive. Le sujet dépasse donc désormais la seule question du montant : il s’agit de savoir quelle part de ces 1 700 milliards pourra effectivement revenir dans les caisses publiques et contribuer au financement des priorités nationales.